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  •   /  14 mars matin : Résumés des intervenants

Le rôle de la connaissance scientifique

 

Les fonctions écologiques et les usages traditionnels associés de l'étang de Berre ont été, tout au long du 20ème siècle, ignorés au profit de la seule fonction de milieu récepteur des eaux usées. Avec le développement de l'industrie pétrochimique et hydroélectrique, de l'urbanisation et de l'agriculture, l'écosystème aquatique de l'étang s'est considérablement dégradé avec, entre autre, une perte considérable de biodiversité.

La mutation radicale de ce territoire, initialement perçue comme source de progrès social et économique, a finalement structuré la prise en compte des enjeux écologiques et la question de la réhabilitation de l'étang devient centrale au cours des années 70-80 pour les usagers, les riverains et les élus locaux. Cette mobilisation s'est focalisée autour de " l'étang redevenu marin ", en lien avec une image de l'étang présent dans la mémoire collective : l'étang des années 1930 - 1940, d'une salinité relativement élevée et stable, avec des peuplements à caractère marin bien marqué et riche de ses ressources biologiques.
Cette demande sociale et politique, fortement revendicative, a été entendue et prise en compte au niveau national avec, en points d'orgue, la mise en œuvre en 1993 d'un plan de réduction des apports d'eau douce et de limons par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas, le " Plan Barnier " et en 2000 la création du GIPREB (Groupement d'intérêt public pour la réhabilitation de l'étang de Berre).

Ce groupement avait pour mission d'une part de donner un cadre de concertation pour favoriser le dialogue entre les acteurs, et sortir ainsi d'un contexte conflictuel, et d'autre part d'étudier les conditions techniques de la réhabilitation de l'étang.

La connaissance scientifique s'est avérée indispensable à tous les niveaux :
    - un " bilan des connaissances " a été réalisé en 2002. Collectivement validé et partagé, il a donné un socle de connaissance commun et facilité le dialogue ;
    - des objectifs de qualité basés sur des indicateurs biologiques ont pu être définis, fixant les grandes orientations à donner au projet ;
    - la réalisation d'un suivi écologique ambitieux permet d'évaluer l'état de l'écosystème et orienter les actions.

La richesse du projet de gestion - réhabilitation de l'étang et le cadre partenarial sont aujourd'hui des acquis. Le cap de l'action est fixé, mais l'état du milieu en 2011 nous montre que le chemin est encore long et difficile.

Dans ce contexte, le travail engagé avec différents organismes de recherche et le Conseil scientifique du GIPREB doit être entretenu et même amplifié, c'est tout l'enjeu de ces rencontres scientifiques.
Elles ont pour ambition de faire le point sur les connaissances acquises ces 10 dernières années, de rendre compte et partager l'évolution de l'écosystème, de favoriser une réflexion plus interdisciplinaire. Le poids de l'histoire, la sociologie du territoire, l'évolution des perceptions, les enjeux économiques et juridiques sont autant de thèmes qui nous interrogent sur la nature du projet collectif de réhabilitation de l'étang de Berre.

> Documentation téléchargeable :