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  • Restauration et prospective
  •   /  Réouverture du tunnel du Rove à la courantologie

16 juin 1963

 

« Ce matin-là, Paul-René Romagnoli, jeune matelot, se lève, comme d’habitude, de bonne heure.
Le temps promet d’être beau. Il quitte Martigues à bord du Storm, une unité appartenant aux
armateurs de l’Auxiliairemaritime (agence Pommé, courtiermaritime) faisant la liaisonMarseille-
Martigues par le canal de jonction et qui accomplit régulièrement la croisière des grands ports.
Paul-René se souvient : « le port d’attache du Storm était Martigues. Pour faire le départ de
Marseille à l’heure prévue avec cent passagers, le Storm appareillait à 5 h 30 pour assurer cette
liaison ». Une heure plus tard, le navire arrive à l’entrée du tunnel du Rove. Une fumée empêche de
voir la sortie de l’Estaque. Rien de bien inquiétant : ce peut être la fumée d’un bateau précédent.
Paul-René s’engage dans le tunnel. Il n’ira pas jusqu’au bout : « Au fur et à mesure que le navire
avançait quelque chose en moi m’inquiétait… Cela doit être l’instinct du marin. Je suis sorti de la
cabine de pilotage pourmieuxme rendre compte. Les projecteurs du Stormqui donnaient un rayon
de visibilité de 40mètres ont alors éclairé unemasse de pierres obstruant la totalité du tunnel. J’ai
donné l’ordre à l’équipage de faire marche arrière toute. Nous nous sommes arrêtés devant cette
masse de pierres en la touchant légèrement par l’étrave ». Revenir n’était pas facile : « le gros
handicap que nous allions avoir c’est que le Storm faisait 20,50 m de long et que le tunnel ne fait
que 20 m de large. Il nous a fallu ressortir en marche arrière sur une longueur de 2,5 km ».
Manoeuvre difficile. Puis très vite, on avertit par radiotéléphone le poste d’écoute permanent du
Mont-Rose, Marseille-Radio. »
Michel Méténier et Fernand Revilla, « Le Tunnel du Rove »