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Les apports de l’Arc, la Touloubre
et la Cadière sont-ils négligeables
par rapport aux apports du canal EDF ?



















 
 
Selon les données à disposition, le canal usinier EDF est le principal apport de matière organique dans l’étang (60 % du flux total de DBO contre 24 % aux tributaires), du fait de l’importance du débit hydraulique de l’apport et non de la concentration en pollution dans l’eau douce déversée. Il constitue également l’apport prépondérant d’azote à l’étang (66 %) mais se situe très en deçà du cumul des tributaires naturels en ce qui concerne les apports de phosphore (15 % contre 63 %). Les rejets des stations d’épuration riveraines constituent des apports majeurs et concentrés par temps sec, mais minoritaires en termes de flux globaux annuels, surtout en ce qui concerne l’azote. Ainsi le canal EDF est le principal vecteur de nitrates vers l’étang. Il participe certainement de façon prépondérante au maintien d’une pollution de fond de la masse d’eau.

Le développement économique autour de l’étang de Berre et les flux de polluants qui y sont associés ont provoqué de profondes modifications de cet écosystème ainsi que des dégradations sévères et majeures du milieu.
La centrale hydraulique EDF de Saint-Chamas est la principale contributrice des apports globaux d’eau douce à l’étang de Berre, en dépit des mesures de limitation prises à partir de 1995. L’apport est chiffré à 3,2 milliards de m3/an (moyenne 66-93) plafonné à 2,1 m3/an en 1995. Les apports annuels moyens globaux d’eau douce à l’étang représentent désormais 2,1 fois son volume total contre 3,3 fois auparavant. Entre 1994 et 2000, après l’application des quotas « Barnier », les apports EDF ont représenté 88 % des apports d’eau douce à l’étang contre 8 % par les cours d’eau et 4 % par l’eau pluviale. L’évolution de la salinité montre, en moyenne annuelle, une légère augmentation à partir de 1997, attribuable à la restriction des rejets par le plan Barnier : maximum de 25 ‰ en septembre 1998 et minimum de 8 ‰ en février 1998. L’apport EDF est de loin le facteur clef des variations de la salinité dans l’étang de Berre.
Dans l’état actuel des connaissances, les apports solides à l’étang depuis ces 40 dernières années sont dominés par les apports du canal usinier, malgré la limitation, dès 1999, des rejets moyens annuels de limons à 100 000 t et à 1 g/L de MES (Matière en Suspension) en moyenne journalière. Les apports naturels (Arc, Touloubre et Cadière) représentent toujours une part minoritaire, de l’ordre de 25 à 30 % des apports à l’étang.

La situation des apports directs des stations d’épuration à l’étang s’est récemment améliorée : déplacement des points de rejet de Miramas et Rognac en 2000 et 2002, suppression de la station d’épuration d’Istres-Romaniquette début 2005, mise en séparatif du collecteur unitaire de Miramas, etc. Les apports des stations d’épuration aux cours d’eau du bassin versant sont contrastés : les foyers majeurs sont Vitrolles sur le sous-bassin versant de la Cadière, Salon-de-Provence sur celui de la Touloubre et Aix-en-Provence concernant l’Arc, en dépit du fonctionnement satisfaisant de cette dernière. La station de Vitrolles est responsable de l’essentiel de la dégradation du système Cadière-Bolmon. Une étape importante va prochainement être franchie avec la mise en service d’une nouvelle station d’épuration fin 2007. Pour les tributaires, la plupart des stations plus modestes (moins de 20 000 EH, "Equivalent Habitants") ne sont pas encore aux normes en termes de déphosphatation et nitrification. Au total, 18 des 33 stations actuelles (> 2000 EH) ne sont pas aux normes. Elles représentent 37 % de la capacité de traitement installée soit 177 400 EH.
Pour l’ensemble du bassin versant naturel, 77% de la capacité de traitement en EH est conforme en 2005. Cela représente 45% du nombre de stations d’épuration et 631 500 équivalents habitant.

Ces apports sont majoritairement issus des superficies imperméabilisées du tissu urbain. Une approche par sous-bassin riverain et par bassin versant des tributaires permet d’isoler certains points noirs.

> Le secteur Miramas - Saint-Chamas se caractérise par des surverses régulières d’effluents domestiques non-traités (réseau unitaire) dans la baie de Saint-Chamas, milieu sensible du fait du confinement.

> Sur le bassin de l’Arc, les pollutions pluviales sont importantes. La forte urbanisation de ce secteur, associée aux rejets des zones industrielles et commerciales, sont responsables d’apports chroniques de micropolluants dans l’eau, essentiellement en hydrocarbures et en métaux lourds.

> Sur la Touloubre, dont le bassin versant présente un caractère beaucoup plus rural (180 hab/km2 contre 310 hab/km2 pour l’Arc), les pollutions dues aux ruissellements pluviaux sont moins cruciales.

> La Cadière, à une échelle géographique plus réduite, concentre une urbanisation dense sur son bassin versant ainsi qu’une forte représentation des activités industrielles et commerciales : 10 zones d’activités occupent 500 ha du bassin versant et regroupent 400 entreprises. La gestion des eaux pluviales de ces zones et les rejets des industries sont mal maîtrisés.

Lors des orages, les eaux pluviales sont pour l’essentiel rejetées au milieu sans traitement préalable. La zone industrielle des Estroublans à Vitrolles est considérée comme le point noir principal pour les milieux récepteurs : Cadière et Bolmon (47 % d’imperméabilisation). Les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement sont réglementairement équipées de bassin d’orages de capacité décennale.
Le bilan des apports annuels de temps sec et de temps de pluie (hors canal EDF) fait apparaître la contribution majoritaire de la pollution pluviale urbaine en terme d’apport de plomb (74 %), de zinc (71 %) et d’hydrocarbures (79 %).
En zone rurale, la pollution des cours d’eau émane de foyers ou sources ponctuelles (élevages, caves viticoles) et des apports diffus provenant du lessivage des terres agricoles. Les apports en azote et phosphore au bassin versant de l’étang issu du lessivage des terres agricoles seraient respectivement de l’ordre de 590 et 35 t/an (à comparer aux apports EDF de 2 800 et 50 t/an, des tributaires de 1 050 et 220 t/an en 1999 et des industries, de 53,78 et 10,43 t/an en 2001).