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Lu dans la presse

A Berre, on continue à dire "à la Shell"

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la France prend conscience de l'importance pour un pays de disposer de ses propres raffineries de pétrole. Le seul raffineur français, le lorrain Deutsch, se marie à l'anglo-néerlandais Shell pour former la société anonyme des pétroles Jupiter qui ouvre deux raffineries une à Petit Couronne en Normandie et l'autre à Pauillac en Gironde. En 1928, le Département des Bouches-du-Rhône ouvre les rives de l'étang de Berre à l'industrialisation.

 

L'année suivante la compagnie Saint Gobain fonde la société des Produits Chimiques et Raffinerie de Berre qui rachète les installations d'une usine de zinc situées à l'entrée de la commune, sur la colline de Bruni, et en absorbe le personnel. C'est ici qu'est édifiée la raffinerie en 1929 et 1930. La première unité de distillation, qui va traiter 200 000 tonnes de brut dès sa première année de fonctionnement est lancée en 1931.

En 1947, première restructuration et création de la compagnie de raffinage Shell Berre. En 1949, les péetroles Jupiter disparaissent pour devenir Shell Française. Dans les années cinquante, le pipeline en provenance de Lavera est mis en service, de même que l'usine rognacaise de gaz qui va devenir le centre Butagaz et sur la route de Velaux, le depôt de la Grande Bastide. En 1952, mise en service de la premiere distillation de brut. En 1952, apparaît la premiere activité chimique, avec l'unité des solvants. La pétrochimie va se développer à partir des années soixante. Les embauches s'envolent, le site va compter jusqu'à 2500 employés, avec une moyenne d'âge de 39 ans, le plus âgé n'a que 45 ans. Le pic de personnel Shell sera atteint au début des annees 7O avec 2500 employés. La sous-traitance est surtout utilisée pour la remise en état des matériels lourds lors des arrêts pour maintenance. En 1976, création du vapocraqueur de l'Aubette qui fournit les usines chimiques en composants du pétrole. Des unités de pétrochimie nouvelles apparaissent : l'usine de caoutchouc TR/Kraton en 1976, l'unité de polystyrène expanse en 1980, de polypropylene en 1982 et le polychlorure de vinyle (PVC) en 1983.

Les premiers plans sociaux interviennent en 1987.

A Berre, au milieu des années soixante-dix, la fermeture de l'unité de distillation de brut est le premier signe de lendemains moins glorieux. Les premiers plans sociaux interviennent en 1987, rebaptisés "départs volontaires" ou préretraite anticipée, etc. A la fin des années quatre-vingt dix, les unités de polyéthylène et polystyrène expansé migrent du site chimique vers le vapocraqueur de l'Aubette. De nouvelles technologies sont utilisées, les productions augmentent, le personnel diminue. Au début du XXIe siècle, il ne reste plus que 1500 personnes. Les trois sites - raffinerie, chimie et vapocraqueur - avaient au départ, chacune ses propres structures : comité d'entreprise, restaurant, infirmerie. En 2002, les trois unités se fondent en une seule, Shell Petrochimie Méditerranée. Ce qui semblait impensable aux "anciens", devient réalité en 2008 : la vente du site à Lyondellbasell Industries.

Autour de l'étang de Berre, on continue toutefois à parler de "la Shell" pour désigner le complexe pétrochimique.

R T

la Provence