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La Cour de cassation a donné raison à la coordination des pêcheurs de l’étang de Berre qui s’oppose à EDF, exploitante de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas, en cassant un arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence.





















 

La Cour de cassation donne raison aux pêcheurs
(La Marseillaise, 12/03/05)

La coordination reproche depuis plusieurs années à EDF de faire fonctionner cette centrale en déversant quotidiennement de l’eau douce de la Durance dans l’étang salé de Berre, qui communique avec la Méditerranée.
La coordination avait saisi la justice pour voir ordonner, sous astreinte, l’arrêt de l’exploitation de la centrale. La Cour d’appel d’Aix-en-Provence avait rejeté cette demande le 21 septembre 2000 en jugeant qu’EDF disposait depuis 1995 de toutes les autorisations nécessaires, y compris celle d’aménager une dérivation de la Durance.
L’arrêt de la 1ère chambre civile de la Cour de cassation, rendu public jeudi dans la Provence et dont l’AFP a obtenu copie, estime que la cour d’appel a commis une erreur, en n’appliquant pas les dispositions de la Convention de Barcelone (1976) relative à la protection de la mer Méditerranée contre la pollution d’origine tellurique.
L’arrêt de la cour d’appel a donc été cassé et la Cour de cassation a renvoyé l’affaire devant la cour d’appel de Lyon, qui devra statuer sur la demande de fermeture de la centrale pour mise en conformité, formulée par la coordination des pêcheurs.
Le 7 octobre dernier, la France a été condamnée par la Cour européenne de justice pour ne pas avoir adopté des mesures appropriées pour lutter contre « la pollution massive et prolongée de l’étang de Berre ».



Deux actions judiciaires poussent l’Etat et EDF
à modifier leur impact sur l’étang de Berre

(La lettre Sud Infos, 29 mars 2005)

La Cour de cassation a cassé un arrêt de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Ce dernier, rendu le 21 septembre 2000, rejetait une demande d’arrêt de l’exploitation de la centrale EDF de Saint-Chamas, qui introduit dans l’étang saumâtre jusqu’à 2 Mdm3 d’eau douce par an. Le plaignant, la Coordination des pêcheurs de l’étang de Berre, avait, à l’origine, porté plainte contre EDF devant le TGI de Marseille en 1998. La Cour de cassation a renvoyé l’affaire devant la Cour d’appel de Lyon. Cette dernière devra dire si la convention liant EDF et l’Etat reste légale. En effet, cette convention, passée en 1966 pour 70 ans, est la base légale de l’autorisation d’exploiter la centrale de Saint-Chamas. Or, elle n’a pas intégré la Convention internationale pour la protection de la Méditerranée de 1976, pourtant signée par la France à Barcelone. Une autre plainte de la Coordination des pêcheurs, cette fois déposée devant la Cour européenne de justice, avait, en octobre 2003, abouti à une condamnation de la France, avec mise sous astreinte, pour non-adoption de mesures appropriées, pour lutter contre la pollution massive et prolongée de l’étang. L’Etat a présenté sa réponse en février dernier. Il propose notamment d’abaisser à 60 000 tonnes par an les limons entrant dans l’étang, hors périodes de crues (au lieu de 100 000 t), dans le cadre de quotas hebdomadaires. Les deux décisions de justice convergent pour pousser l’Etat et EDF à agir. Un calendrier d’actions visant à la mise en conformité de la centrale hydraulique est en discussion entre EDF et l’Etat. Les nouvelles dispositions doivent donner lieu à une enquête d’utilité publique.