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Les propositions
du Mouvement national de lutte pour l’environnement Un siphon pour dépolluer l’étang de Berre (la Marseillaise du 17/02/05) Le MNLE, partie prenante de la concertation depuis sa création dans les années 80, travaille aux côtés du collectif l’Etang marin et de la prud’homie de pêche locale, défend une prise en compte globale du problème dans une véritable optique de développement durable. « Il nous faut concilier emploi, environnement et utilisation d’énergies propres », résume Gérard Nevière, responsable de la commission « Etang de Berre » au sein de l’association. Et si pour ce dernier, l’arrêt de la Cour européenne de Justice qui somme la France de respecter entre autre la convention de Barcelone, ajoute une pression salvatrice au dossier, elle ne fait que valider « des éléments scientifiques déjà constatés par le Groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre », estime Gérard Nevière. « Et cela montre également que les mesures du Plan Barnier, qui a divisé les rejets d’eau douce par deux, sont inefficaces », précise-t-il. Car au delà de la réduction des pollutions industrielles, urbaines et agricoles qui se déversent dans l’étang de Berre, l’activité de la centrale EDF de Saint-Chamas reste cruciale pour le MNLE. « On ne peut pas purement et simplement arrêter Saint-Chamas, ce serait réduire à néant toute la chaîne Verdon Durance qui permet d’alimenter entre autres les habitants du pourtour de l’étang de Berre et provoquerait une perte d’énergie considérable « , analyse Brigitte Berland, également membre de l’association. Quant aux projets de « lissage » présentées par EDF à l’Etat, « on se demande dans quelle mesure cette régularisation des apports d’eau douce va influencer le milieu à partir du moment où les périodes d’arrêt de turbinage persistent et provoquent donc les mêmes déséquilibres » s’interroge Gérard Nevière estimant que « cette solution ne peut être qu’intermédiaire ». Pour autant, le MNLE a des propositions à faire, basées principalement sur la dérivation de l’eau douce vers le Rhône. Une thèse du « siphon » souterrain qu’elle défend depuis 1993, « confirmée lors d’une réunion publique par les ingénieurs du bureau d’étude missionné par le GIPREB », assure les membres de l’association. Et à ceux qui qualifient le projet de « pharaonique » de par son coût et la durée des travaux, les membres du MNLE opposent le manque de volonté politique qui a jusque là prévalu. « C’est une question d’aménagement du territoire donc du ressort de l’Etat… Et de sa volonté politique », assène Gérard Nevière. Mireille Roubaud |