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  •   /  15 mars matin : Résumés des intervenants

communautés zooplanctoniques de l’étang de Berre : le cas des proliférations d’organismes gélatineux

 

 Du fait du nouveau régime d’introduction d’eau douce et de limon par la centrale EDF de Saint-Chamas depuis 2006, d’importants changements hydrologiques ont eu lieu dans l’étang de Berre. Pour évaluer l’impact de ces modifications sur la communauté zooplanctonique, une première étude financée par EDF a été menée de mai 2008 à mai 2009. Un suivi de deux ans (2010-2011) est actuellement réalisé dans le cadre du programme GELAMED (financement Liteau) pour analyser plus spécifiquement les proliférations du zooplancton gélatineux. Durant la décennie 1980-90, la communauté zooplanctonique était peu diversifiée avec deux espèces principales : le rotifère Brachionus plicatilis et le copépode Acartia tonsa. Ce dernier a vraisemblablement été introduit par les eaux de ballast dans les années 1980. Aujourd’hui, la communauté est plus diversifiée avec l’installation d’espèces méditerranéennes côtières (les copépodes Acartia clausi et Centropages typicus, le chaetognathe Sagitta sp. par exemple), mais également avec l’introduction d’espèces allochtones (les copépodes Eurytemora affinis et Pseudodiaptomus sp. respectivement originaires d’Atlantique et de Mer Rouge). L’introduction d’une espèce invasive appartenant au zooplancton gélatineux, le cténaire Mnemiopsis leidyi, a été notée en 2005. Cette espèce, originaire de la côte Est américaine, a été observée durant toute l’année 2010 avec de fortes abondances (2600 ind 100m-3) en juillet à la station la plus nord de l’étang. Les proliférations de M. leidyi sont accompagnées de mars à juin par les pullulations de la méduse Aurelia aurita avec un maximum de 18 ind 100m-3. Des expériences préliminaires sur M. leidyi montrent que cette espèce augmente son taux d’ingestion en fonction de la concentration des proies (nauplii d’Artemia) sans atteindre de seuil de satiété dans la gamme des concentrations testées (de 180 à 2900 ind L-1). La forte abondance en zooplancton de l’étang constitue certainement une ressource alimentaire suffisante pour permettre leur prolifération. Leur préférence alimentaire est constitué de copépodes, sans distinction de stade ni d’espèce (nauplius, copépodite et adulte d’Acartia sp. et Oithona nana). Des expériences de mortalité à différentes salinités (de 0 à 42) ont montré leur caractère euryhalin, avec un taux de survie de 100% pour une gamme des salinités situées entre 5 et 38. Des expériences complémentaires d’écophysiologie seront menées afin d’évaluer l’impact des proliférations de M. leidyi et A. aurita sur le fonctionnement et les services (pêcheries) de cet écosystème.  

 

Floriane DELPY, BLANCHOT J., PAGANO M. et THIBAULT-BOTHA D.

Laboratoire d’Océanographie Physique et Biogéochimique

LOPB – UMR 6535

Campus de Luminy Case 901

F-13288 MARSEILLE Cedex 09

> Documentation téléchargeable :