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Condamnation européenne

L'étang devra encore attendre...

L'expérimentation du lissage des rejets d'eau douce, initiée en 2005, pourrait durer un an de plus

 

"Ils nous ont écoutés mais nous ont-ils entendus ? C'est pas sûr ", s'interrogeait
Serge Andréoni, le président du Groupement d'intérêt public pour la réhabilitation de l'étang de Berre (Gipreb) au sortir de la réunion avec les représentants de Bruxelles et des experts scientifiques qu'il n'a pas épargnés lors de la conférence de presse organisée à Marseille et non à Berre. Hier, en compagnie des maires des villes riveraines, il a rencontré cette délégation d'émissaires mandatés par la Commission européenne venus sur place, pour évaluer les effets du "plan de sauvegarde" établi par l'Etat français à la suite de sa condamnation (en 2004) par la Cour européenne de justice pour "pollution massive et répétée" de l'étang de Berre. Ce "plan de sauvegarde" consiste à reduire (avec un volume de 1,2 milliard de m3 par an maximum) et à "lisser" les rejets d'eau douce turbinée par la centrale EDF de Saint-Chamas. Cela fait quatre ans que ce plan est experimenté sous la surveillance d'un comité d'experts nommés par Bruxelles. Avec quels résultats ? "Ils ne sont vraiment pas probants, le lissage est une impasse, un coup d'épée dans l'eau qui n 'a eu aucun effet significatif sur l'écosystème. Les conclusions du comité scientifique du Gipreb sont les mêmes que ceux de ce comité d'experts", assure Serge Andréoni qui explique le retour des poissons dans l'étang par les épisodes de sécheresse durant ces trois dernières années. L'épineux dossier de la réhabilitation de l'étang se retrouve donc également dans l'impasse. "Non, tranche le maire de Berre. Car nous n'allons pas lâcher la pression politique pour que le projet de dérivation se concrétise enfin. C'est la seule solution viable". Viable mais coûteuse : 1,5 milliard d'€ ."J'ai officiellement demande une table ronde pour reunir tous les financeurs potentiels et l'Europe en fait évidemment partie, annonce Serge Andréoni. Il faut savoir que l'Etat français a fait faire des études, via le Gipreb, qui ont coûte 1,1 million d'€ et qui démontrent la faisabilité du projet. II faut montrer que cet argent déjà investi n'a pas servi a rien". En attendant, le président du Gipreb espère que le contentieux juridique entre la France et l'Europe ne sera pas classé. II a demandé un sursis d'un an avant que cette question soit tranchée, "le temps que l'étude socioéconomique relative au projet de dérivation soit terminée, précise-t-il Les premières conclusions de cette étude révèle que le chantier du canal créera plus de 5 000 emplois et que la réhabilitation de l'étang générera le retour de 400 bateaux de pêche". Mais si Bruxelles "lâche l'affaire" en classant le contentieux juridique avec l'Etat français, la pression politique des élus locaux aura beau être forte, elle n'aura plus aucun poids.
Laurent Alexandre
La Provence