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  •   /  14 mars après-midi : Résumés des intervenants

Cycle de la matière, production primaire et communautés phytoplanctoniques

 

L’étang de Berre est  un lieu de forte production primaire, principalement phytoplanctonique. Cette production nécessite pour son développement des éléments minéraux notamment des formes azotées et phosphorées qui se trouvent essentiellement sous forme dissoutes dans l’eau. Le suivi réalisé depuis plusieurs années dans l’étang de Berre, confirme l’importance des flux d’eau douce dans l’enrichissement en azote, notamment par des apports en nitrate qui ont lieu principalement en période hivernale alors que la production primaire est faible. Les concentrations maximales de nitrate apparaissent assez constantes depuis 1994; seule la période 2005-2008 a révélé une baisse significative des teneurs hivernales. La production primaire se développe essentiellement en fin de printemps et en période estivale alors que la température de l’eau est élevée et la durée d’éclairement favorable à la photosynthèse. En l’absence de nitrate, ce développement phytoplanctonique est alors basé sur de l’azote régénéré, notamment l’ammonium, dont les teneurs estivales ont significativement augmentées au cours de ces dernières années. Le suivi des communautés phytoplanctoniques démontre que les années de fort turbinage, entraînant de fortes variabilités de la salinité, n’ont pas été favorables au développement durable du phytoplancton. Des communautés quasi-monospécifiques, dominées par Prorocentrum minimum, Cyclotella sp. ou Chlorella sp., sesont installées temporairement en alternance avec des peuplements mieux structurées, présentes en fin d'été et en automne.

La mise en place du plan Barnier en 1994 a tout d’abord été suivie des pics d'abondance de phytoplancton très élevés jusqu’en 1997. Ces « blooms » étaient caractérisés par une espèce de dinoflagellé Prorocentrum minimum et des Diatomées de petite taille (Cyclotella sp., Chaetoceros spp.). L’abondance a diminuée significativement à partir de 1998 et la composition spécifique des communautés a évoluée en se diversifiant : des Diatomées du genre Chaetoceros, Pseudo-nitzschia, Thalassionema, des Dinoflagellés du genre Gymnodinium et des divers nanoflagellés font partie désormais des espèces les plus abondantes.

La quantification des apports exogènes d’azote et de phosphore établie sur la période 2005-2006, associée à un bilan annuel de production primaire, a confirmé que plus de 90% de la production phytoplanctonique est du au recyclage de la matière au sein même de l’étang. Un modèle d’échange a démontré que 50% de l’azote et 90% du phosphore apporté à l’étang y étaient stockés. Ainsi, les processus de régénération très actifs au sein de la colonne et également au sein du sédiment sont à l’origine du maintien, voire de l’augmentation de la production primaire.

Réceptacle final des eaux douces du bassin versant, caractérisé par un faible renouvellement des eaux (milieu confiné) et soumis à de nombreuses pressions humaines, l’étang de Berre est une lagune riche en éléments nutritifs et donc à forte productivité. Cette caractéristique peut rapidement devenir un point faible en cas de déséquilibre entre apports et développement de la chaîne trophique (eutrophisation). Le suivi écologique réalisé depuis plus de 15 ans révèle qu’une gestion équilibrée des apports peut permettre une restauration du milieu, même si un relargage d’éléments nutritifs par le sédiment via la régénération et reminéralisation biologique peut significativement ralentir le processus.

Patrick RAIMBAULT, BEKER B.

Centre d’Océanologie de Marseille

Campus de Luminy.

13288 Marseille cedex 09

patrick.raimbault@univmed.fr

En vidéo :

Première partie

Deuxième partie


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