Retour à l'accueil
  • Un territoire à vivre
  •   /  Un territoire d'exception

D’une dynamique économique à une dynamique démographique

L’étang de Berre est entouré de 10 communes représentant 235 166 habitants.

 

 

Evolution du nombre d’habitants de 1999 à 2007 :

Istres : 38 983 passe à 42 775 (+ 1,2 %)

Saint-Mitre les Remparts : 5 451 passe à 5 367 (- 0,2 %)

Martigues : 43 579 passe à 46 247 (+ 0,7 %)

Châteauneuf-les-Martigues : 11 365 passe à 11 643 (+0,3 %)

Marignane : 34 016 passe à 33159 (- 0,3 %)

Vitrolles : 36 739 passe à 37 479 (+0,2 %)

Rognac : 11 640 passe à 12 088 (+0,5 %)

Berre l’Etang : 13 410 passe à 13 805 (+0,4 %)

Saint-Chamas : 6 594 passe à 7 346 (+1,4 %)

Miramas : 22 520 passe à 25 257 (+ 1,4 %)

 A partir de la fin des années 60, l’implantation de grandes unités industrielles a constitué un moteur puissant de développement économique et attiré de nombreuses populations : le nombre d’habitants a été multiplié par 2,4 entre le recensement de 1962 et celui de 1990. Au cours des années 90, cette forte vitalité démographique s’est infléchie. L’apport migratoire lié notamment au développement industriel s’est tari, le solde naturel devenant le moteur de la croissance démographique. Depuis 1999, le rythme de progression est devenu légèrement inférieur à celui des Bouches-du-Rhône.

L’INSEE a réalisé des projections démographiques départementales à l’horizon 2030. En utilisant ces projections, la population du pourtour de l’étang de Berre se composerait de 260 439 habitants.

L’industrie reste moteur, le tertiaire rattrape son retard

A la fin des années 60, l'étang de Berre et ses « rives » ont subi de profonds changements : son économie, basée sur des activités traditionnelles, a été remplacée par une économie industrielle, totalement nouvelle. Ce changement rapide a été très fortement soutenu par l'Etat qui considérait l'étang de Berre comme une zone stratégique. Puis, le tissu économique du territoire s’est progressivement orienté vers les services aux entreprises, plus largement vers le tertiaire. Pourvu d’infrastructures routières et aéroportuaires très développées, ce territoire attire une main-d’œuvre qualifiée.

En 2007, les 10 communes du pourtour de l’étang de Berre fournissent 104 451 emplois. En 30 ans, l’emploi a augmenté de 53 % sur le territoire de l’étang de Berre contre 38 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 26 % dans les Bouches-du-Rhône. De 1975 à 1999, la progression de l’emploi s’est ralentie, passant de 1,8 % à 0,7 % dans les années 90, pour augmenter de nouveau entre 1999 et 2007 (+2,6% à Istres, +6% à Saint-Mitre les Remparts, +1,1 % à Martigues, +1,7 % à Châteauneuf-les-Martigues, +2,9 % à Marignane, + 2,6 % à Vitrolles, +1,1% à Rognac, - 1,5 % à Berre l’Etang, +2,9 % à Saint-Chamas, +3,4 % à Miramas).

L’emploi industriel, après avoir progressé jusque dans les années 80, chute de 40 300 en 1982 à 30 000 en 1999. Il se maintient depuis et représente aujourd’hui encore 18 % de l’emploi total du territoire contre 10 % dans la région et 11 % dans le département. Une partie des pertes d’emplois de l’industrie est imputable à l’externalisation des services. Ce processus, de plus en plus répandu, conjugué à l’augmentation de la population, a orienté l’économie du territoire vers le tertiaire. Ce secteur a multiplié ses emplois par 2,5 % de 1975 à 2006 ; sa part dans l’emploi total est passée de 45 % à 73 %. L’industrie maintient cependant son rôle moteur dans l’économie du territoire : entre 1999 et 2006, elle n’a pas perdu d’emplois alors qu’elle a diminué de 1 % par an au niveau national. 80 % de ces emplois industriels se concentrent sur quatre secteurs : la construction aéronautique, la métallurgie, la pétrochimie et à un degré moindre les équipements mécaniques. Le premier secteur impulsé par Eurocopter, reste dynamique : son emploi progresse de 26 % entre 1999 et 2006. En revanche, la pétrochimie (Shell, Naphtachimie) 18 % de ses emplois sur la même période. Le taux de création des établissements industriels y est relativement élevé : de l’ordre de 10 % entre 2006 et 2008. Ce taux a augmenté par rapport à la période 2000-2002. En lien avec sa spécialisation industrielle, l’économie locale est fortement dépendante de centres de décisions extérieurs. C’est le cas des deux tiers des emplois salariés de cette zone.

Le taux de chômage s’élevait en 2007 à 12,0 % à Istres, à 8,9 % à Saint-Mitre les Remparts, à 13,9 % à Martigues, à 10,2 % à Châteauneuf-les-Martigues, à 12,4 % à Marignane, à 14,6 % à Vitrolles, à 11,6 % à Rognac, à 16,5 % à Berre l’Etang, à 12,2 % à Saint-Chamas, à 13,8 % à Miramas. Ces taux sont depuis la crise de 2008 en forte hausse. Le taux de retour à l’emploi est faible, la part des chômeurs de longue durée s’élève à 32 % (28 % pour la région).

Le revenu fiscal médian par unité de consommation en 2007 est de même niveau que sur l’ensemble de la région mais plus élevé que celui du département, (de l’ordre de 1 444 euros par mois) à l’exception de Berre l’Etang et Miramas où il est inférieur à 1 250 euros.

De très nombreux déplacements domicile-travail quotidiens

Chaque jour, 37 000 actifs résidants quittent ce territoire pour aller travailler et croisent 38 000 personnes qui viennent de l’extérieur pour y travailler. Les échanges se font presque exclusivement avec le reste des Bouches-du-Rhône (Marseille, Aix-en-Provence, Arles). En outre, il faut ajouter des mouvements internes à la zone. La quasi-totalité de ces trajets s’effectuent en voiture (86 %) ; seuls 5 % utilisent des transports en commun. Les déplacements domicile-travail sont ainsi très nombreux, impactant négativement la qualité de vie de ce territoire déjà soumis au risque de pollution. En effet, il héberge près d’une cinquantaine de sites à risques classés Sévéso.

Migrations résidentielles : on y arrive du nord et on le quitte pour le sud

Au jeu des migrations sur les cinq dernières années, le pourtour de l’étang de Berre est largement déficitaire avec le reste de Provence-Alpes-Côte d’azur et ses régions voisines du sud de la France. En revanche, l’Ile de France surtout, mais aussi les régions du nord de la France ont un solde positif avec ce territoire.

Le solde des migrations varie selon l’âge des migrants : fortement négatif pour les jeunes de 18 à 25 ans, il est en revanche positif pour les personnes de 25 à 50 ans puis redevient négatif ensuite. Les départs du territoire sont donc plus nombreux que les arrivées à l’âge des études supérieures ou du premier emploi, ainsi qu’à l’approche de la retraite. A l’inverse, le territoire accueille davantage d’actifs de 25 à 50 ans qu’il n’en voit partir. Ce sont principalement des cadres supérieurs et des professions intermédiaires, les employés étant plus nombreux à le quitter qu’à y entrer.

Une main d’œuvre qualifiée

Ce territoire accueille une population active et souvent bien formée, comprenant une main-d’œuvre ouvrière qualifiée, voire hautement qualifiée, habituée à un travail de qualité dans des secteurs à risques où la norme du « zéro défaut » est de rigueur.

Concentration de l’emploi, source de fragilité

La forte spécialisation industrielle de la zone, gage de performance dans un marché porteur, constitue un facteur de vulnérabilité en cas de retournement économique. Ainsi, la métallurgie et la pétrochimie ont perdu beaucoup d’emplois depuis 1999. Ces difficultés perdurent et risquent de faire disparaître de nombreux postes d’ouvriers qualifiés.

L’agriculture, orientée vers les productions végétales, se maintient

Sur le pourtour direct de l’étang de Berre les terres agricoles occupent environ le tiers du territoire. Les surfaces agricoles sont toutefois essentiellement réparties au nord de l’étang sur les communes d’Istres, Miramas, Saint-Chamas et Berre l’Etang. Les activités sont tournées vers l’élevage ovins et le foin sur les communes de l’ouest tandis que la plaine agricole de Berre, est principalement dédiée au maraîchage et à la viticulture. Pour la viticulture comme pour les serres, les surfaces exploitées ont diminué mais la production s’oriente vers la qualité avec une augmentation de la part des produits d’appellation. Des élevages ovins et bovins extensifs perdurent sur les terrains acquis par le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, en particulier sur les rives de l’étang de Bolmon à Châteauneuf-les-Martigues et l’embouchure de la Touloubre à Saint-Chamas.

L’emploi agricole a peu évolué entre 1988 et 2000. Il est équivalent à 4 600 emplois à temps plein.

 Un territoire pAS encore touristique

L’étang de Berre se situe à proximité immédiate du littoral méditerranéen, zone touristique de première importance au niveau national. Il présente des atouts non négligeables pour attirer des touristes, à savoir un ensoleillement fort et régulier, la proximité de l’eau, une desserte efficace (aéroport de Marseille Marignane, TGV à Aix et Marseille, autoroutes A7 et A55). Les principaux points d’attrait actuels sont Martigues, « la Venise provençale » et, dans une moindre mesure, la côte ouest de l’étang, plus sauvage. Cependant, l’étang de Berre est loin de connaître la même fréquentation touristique que la côte méditerranéenne (Côte bleue par exemple) ni même que l’arrière-pays provençal. Il souffre d’une image négative qui nuit à son attractivité touristique. Des marges de progrès existent donc dans le cadre d’une réhabilitation de l’étang et de ses abords, avec une reconquête des paysages et de l’image de l’étang, une diversification des activités proposées et une amélioration de l’offre en termes d’hébergement et de restauration.

Les hébergements touristiques se concentrent d’une part autour de l’aéroport de Marignane avec un tourisme d’affaires et de congrès, et d’autre part sur la côte ouest de l’étang de Martigues à Istres. Martigues (dont le territoire s’étend jusqu’à la Côte bleue) est la ville qui bénéficie de la plus grosse capacité d’hébergement avec neuf hôtels et dix campings représentant environ 1000 chambres ou emplacements, soit près du quart de l’offre du pourtour de l’étang de Berre. D’un point de vue qualitatif, les hébergements sont le plus souvent de basse ou moyenne gamme (une majorité d’hôtels affiche deux étoiles). L’activité touristique sur le pourtour de l’étang souffre donc d’un déficit dans les capacités d’accueil. L’accueil touristique ne passe cependant pas uniquement par l’hébergement marchand. Les touristes viennent aussi passer des vacances dans leur famille, chez des amis ou en résidence secondaire. Selon l’INSEE, les communes du pourtour de l’étang comptaient 2511 résidences secondaires en 2007.

La capacité d’accueil des communes du pourtour de l’étang de Berre est estimée à 40 675 lits touristiques.

Dans les Bouches-du-Rhône, on compte, en 2008, 44 millions de nuitées pour environ 9,9 millions de touristes accueillis chaque année. Le Comité départemental du Tourisme détaille ces chiffres en fonction des sous-bassins de fréquentation. Le pourtour de l’Etang de Berre est rattaché à deux d’entre eux : Marseille Provence Aéroport – Etang de Berre Est et Martigues – Côte Bleue – Etang de Berre Ouest. Si ces sous-bassins ont un périmètre légèrement plus grand que celui des dix communes bordant strictement l’étang, ils offrent une vision correcte de la situation. Ainsi, 3 % et 9,5 % des nuitées du département ont eu lieu respectivement sur l’Est et l’Ouest de l’Etang de Berre en 2003.

Les nuitées réalisées sur le pourtour de l’étang représentent donc environ 12% de la fréquentation départementale, soit 5,3 millions de nuitées. Ce chiffre est cohérent avec la capacité d’accueil du territoire. Cela correspond à 1,2 millions de touristes environ.

Le taux de fonction touristique permet d’évaluer la pression du tourisme sur un territoire. Il est de 1,17, ce qui correspond à une faible pression touristique. La moyenne nationale est de 1,3 en 1999 et les communes touristiques ont un taux moyen de 2,2. Le territoire autour de l’étang de Berre est donc relativement peu touristique, avec une offre d’hébergement assez faible.

Ce secteur représente un chiffre d’affaires estimé à 209 M€ et 5 500 emplois.