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La pêche professionnelle de la palourde bientôt possible sur l'étang de Berre

Depuis environ cinq ans, les coques et les palourdes sont réapparus sur la bordure littorale de l’étang de Berre, confirmant l’effet positif de la stabilité de la salinité depuis les nouvelles modalités de rejets de la centrale EDF. Vous êtes nombreux à avoir déjà goûté et forcément apprécié la palourde. Ifremer vient de rendre le rapport définitif des analyses sanitaires réalisées pendant un an sur les prélèvements effectués par le Gipreb : soyez rassurés, pas de contaminants chimiques dans la chair des coquillages et la zone est classée en B, ce qui autorisera dans les prochains mois une pêche professionnelle. Le temps de mettre en place une concertation avec les pêcheurs professionnels pour exploiter la ressource de façon durable…

 

Le Gipreb a conduit dès 2013 des analyses exploratoires sur la qualité sanitaire des coquillages puis en 2014 une étude sur le stock de coques et de palourdes. Ces premières analyses et l’évaluation du stock ont permis au Préfet d’arrêter le 11 juin 2015 des modalités de pêche qui allaient s’appliquer aux pêcheurs de loisir (quantité limitée à 2 kg par jour et par personne, taille limite à respecter de 3 cm et limitation des outils autorisés).

Les pêcheurs professionnels ont alors demandé aux autorités maritimes le droit de profiter également de cette ressource. Pour cela, il était nécessaire que l’Etat réalise une étude de classement sanitaire, dite étude de zone. Cette étude s’appuie sur un an de prélèvements et d’analyses. Le classement d’une zone se fait en A, B ou C. En classement A, la pêche professionnelle est autorisée, et les coquillages peuvent être revendus directement. Dans le cas d’un classement B, les coquillages nécessitent un re-parcage d’un minimum de 24 h dans un bassin d’eau conforme. Dans le cas d’un classement C, la pratique des pêches professionnelle et de loisir est interdite. L'étude de classement sanitaire se base sur les résultats de 24 analyses bactériologiques sur un cycle annuel et une analyse de contamination par les métaux lourds. Sous financement de la Direction générale de l’alimentation, une étude pour l’ensemble de l’étang de Berre a débuté en janvier 2016, avec un partenariat Ifremer – Gipreb ; le Gipreb prenant à sa charge les frais de prélèvements.

 Une pêche professionnelle possible après accord sur des mesures de gestion

Au vu des résultats de la qualité microbiologique et chimique obtenus, un classement « B » a pu être retenu. La pluviométrie peut en effet avoir une influence sur les résultats des analyses microbiologiques. Ainsi, comme il est déconseillé de se baigner après de violents orages sur l’étang de Berre, il est tout autant déconseillé de consommer des coquillages après orages. Pour les professionnels, le classement en B oblige un passage dans un bac d’eau conforme.

 Les palourdes sont une ressource économiquement importante. L’exploitation de leur gisement conduit souvent à la raréfaction suite à une surpêche ou une gestion peu durable de la ressource. C’est pourquoi la Direction départementale des territoires et de la mer exige aujourd’hui une concertation avec les représentants des pêcheurs professionnels afin qu’une pêche durable soit mise en place. Ce n’est qu’à l’issue d’un accord sur les mesures de gestion que l’Etat prendra un arrêté d’autorisation de pêche professionnelle.

 Les zones de production non concernées

En raison de la présence de l’aéroport  et de l’industrialisation de ses rives l’étang de Vaïne n’est pas concerné par l’étude de zone. De même, en raison de fortes contamination du sédiment dans la baie de Saint-Chamas, cette zone de l’étang n’est pas prise en compte pour le classement.