Evolution spatiale et temporelle de la contamination des sédiments
Si de nombreuses études se sont intéressées à la présence de contaminants métalliques dans les sédiments de l’étang de Berre, aucune n’a réellement établi de chronologie de leurs apports ni quantifiée les influences qu’ont eu les réglementations sur les rejets industriels ou les apports de limons issus de la centrale hydroélectrique.
A partir de la synthèse de l’ensemble de ces données et de l’analyse des caractéristiques sédimentaires et des concentrations en contaminants métalliques dans des carottes de sédiments et des sédiments de surface, l’évolution temporelle et l’état actuel de la contamination des sédiments sont présentés.
Il ressort que la contamination des sédiments en surface a été très importante par le passé et atteint actuellement, pour la plupart des métaux, les niveaux les plus faibles depuis plusieurs décennies. Cependant, de très fortes concentrations en contaminants métalliques sont observées plus en profondeur dans les sédiments et sont directement mises en lien avec les intenses rejets qui ont prévalu par le passé. La diminution récente (années 1970) de ces rejets dans la zone sud du Grand Etang et dans l’étang de Vaïne est attribuée à l’efficacité des réglementations prises sur les rejets industriels, qui ont permis par exemple la diminution de la contamination en Hg et Cd de près de 90% dans le Grand Etang. Dans la zone nord du Grand Etang, la contamination des sédiments est relativement faible depuis 1966 du fait des importants apports de limons de la Durance provenant de l’usine hydroélectrique de St-Chamas.
La comparaison des concentrations en contaminants métalliques obtenues dans les sédiments de surface de l’étang de Vaïne et la zone sud du Grand Etang en 2008 avec les fonds géochimiques naturels, montre des niveaux de contamination faibles (As, Ni et Zn) à modérés (Cu, Cr, Hg et Pb). Leur distribution spatiale hétérogène est en partie due aux caractéristiques sédimentaires. Après s’être affranchi de cette variabilité par une méthode de normalisation, les principales zones de rejets sont identifiées (étang de Vaïne et zone située à l’embouchure du chenal de Caronte) et l’origine de ces rejets est discutée.
Sylvain RIGAUD1, RADAKOVITCH O.1, NERINI D.2, PICON P.3, GARNIER J.M.1
1CEREGE, Université Aix-Marseille– CNRS, BP 80, Europôle de l’Arbois, 13545 Aix-en-Provence, France.
2LMGEM – COM 3GIPREB
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