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L'état écologique de l'étang réhabilité

Pour décrire l'état écologique d'un étang réhabilité, après l'arrêt total des rejets d'eau douce de la centrale EDF, le Conseil scientifique s'est appuyé sur différents indicateurs, en cohérence avec les objectifs de "bon état écologique" définis dans la Directive cadre sur l'eau ainsi que ceux retenus par le Conseil d'administration du Gipreb. Les grands indicateurs biologiques concernent les herbiers de Zostera, la macrofaune benthique et le peuplement de poissons.

 

Globalement le fonctionnement du système réhabilité est décrit comme suit :

les conséquences directes d'une salinité stable de caractère marin et d'une bonne oxygénation des eaux sont :

- la colonisation complète et rapide du sédiment et le retour à une biocénose de type "sables vaseux de mode calme" ;

- la prédominance de la production benthique, de fortes biomasses de macrophytes et d'une réduction de la production phytoplanctonique ;

- l'amélioration de la transparence de l'eau et par conséquences le développement des herbiers de magnoliophytes même si une incertitude subsiste sur le temps nécessaire à la restauration des herbiers.

 

Le développement des herbiers, de la flore et de la faune ainsi que de la macrofaune benthique des sédiments qui constituent des maillons essentiels de la chaine trophique est favorable aux poissons et aux développements d'éspèces de coquillages commercialisables.

 

Plus précisément compartiment par compartiment, le Conseil scientifique indique :

salinité et eutrophisation : salinité de 32 +/- 4 dans l'ensemble de l'étang. Le niveau d'eutrophisation peut correspondre aux objectifs DCE "bon état" ou "très bon état". Diminution des phénomènes d'anoxie en terme d'amplitude spatiale et temporelle (phénomènes limités aux épisodes climatiques estivaux particuliers). Dimininution des taux de chlorophylle, ce qui entraîne une modification de la composition du phytoplancton, des espèces de grandes tailles (diatomées) vers des espèces de plus petite taille (picoplancton).

 

Macrophytes : cortège de macrophytes sur les substrats rocheux disponibles (tranche bathymétrique comprise entre la surface et 3-4 mètres). Espèces essentiellement d'affinité marine, gradient de répartition des espèces les plus tolérantes aux faibles salinités à proximité des débouchés des cours d'eau naturels (Chlorobiontes nitrophiles). Certaines espèces comme Gracilaria pourraient être présentes dans les parties profondes.

 

Herbiers de magnoliophytes marines : herbiers à Zostera noltii sur une tranche bathymétrique de 0,5 à 3-4 mètres de profondeur (60 km de linéaire de côte, surface d'environ 26 km2). Herbiers mixtes à Z. noltii et Z. marina pour  la partie inférieure de la tranche bathymétrique, localisés dans la zone sous l'influence des entrées d'eaux marines. Présence ponctuelle de Potamogeton. pectinatus et Ruppia. cirrhosa au débouché des cours d'eau naturels.

 

Macrofaune benthique de substrat meuble : biocénose de type SVMC dans la quasi totalité des fonds; (une soixantaine d'espèces) ; assemblages équilibrés avec les espèces caractéristiques exclusives ; SVMC appauvri dans la partie centrale soumise à des hypoxies estivales temporaires ; faible présence des espèces du LEE. La présence d'herbiers va conditionner l'installation de la faune associé (dont certaines espèces commerciales, i.e. oursin P. lividus au sud, en fonction des salinités atteintes).

 

Ichtyofaune et conchyliculture : peuplements ichtyologiques de type lagunaire méditerranéen avec une très forte potentialité de conchyliculture (forte capacité de production) : moules, huîtres, sur toute la colonne d'eau. Collecte d'autres coquillages, clovisses, palourdes.