L'Europe rejette les mesures de sauvegarde de l’étang de Berre
La lettre Sud Infos - 09/01/06
La Commission européenne a mis en demeure, le 13 décembre, la France de faire cesser la pollution générée par EDF dans l'étang de Berre. On ignore encore ce que contient la lettre. En octobre 2004, elle avait été condamnée par la Cour de justice européenne pour ne pas avoir adopté les mesures nécessaires à la lutte contre "la pollution massive et prolongée de l'étang de Berre", provoquée par le turbinage des eaux de la Durance dans cet étang d'eau saumâtre et par leur entrée brutale, accompagnée de limons. La mise en demeure grève un avenant proposé par l'Etat à la concession d'exploiter la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas, point d'entrée des eaux dans l'étang. Il s'agit dans ce texte de proposer un lissage des rejets d'eau douce, avec un plafond de 64 millions de m3 par semaine (contre 160), sans toucher au volume annuel, 2 100 milliards de m3. "Une gestion à la petite semaine, rejetée par la commission, qui y a vu un expédient de l'Etat", commente Jean-Claude Cheinet, adjoint à l'environnement de Martigues, ville concernée par l'enquête d'utilité publique sur cet avenant, comme 45 communes du 13, 30 et 84. "Ce sera une façon de faire évoluer le débat", commente-t-on chez EDF, précisant que l'enquête est maintenue, de ce lundi 9 janvier au vendredi 17 février, bien qu'elle risque d'être caduque. Le GIPREB, lui, fait valoir qu'un projet de dérivation des eaux de la Durance jusqu'au Rhône est proposé, donne lieu à des études et comporte trois variantes pour un coût de 1 à 1,5 Md€. "Décider la dérivation est d'ailleurs le seul moyen de rendre crédible le lissage des rejets comme solution transitoire", souligne Jean-Claude Cheinet.