L'objectif de restauration des milieux Berre Bolmon Rove

Quoique difficile compte tenu des "vicissitudes d'état" que l'étang de Berre a traversées tout au long de son histoire, l'exercice de la fixation d'un objectif de restauration écologique est nécessaire pour arrêter des objectifs réalistes de "bon état écologique" au sens où la directive cadre sur l'eau l'entend.
 En pratique, il s'agit de concilier réhabilitation écologique et mise en valeur économique par les activités de pêche et de loisirs, vis-à-vis desquelles ce milieu présente un intérêt tout particulier.
Sur la base de la trajectoire historique, la période 1925 – 1945 apparaît un choix pertinent car elle correspond aux évènements suivants :
- la fin de l'approfondissement du canal de Caronte (1925)
- l'ouverture du tunnel du Rove (1925), effondré en 1963
- le début de l'affirmation de la vocation industrielle des rives de l'étang par l'industrie pétrolière et pétrochimique notamment.
L’état écologique historique des milieux à cette période, bien décrit par Mars (1949 ; 1961), donne une image précise du milieu, proche de celle recherchée au travers les projets de réhabilitation. Elle ne peut cependant pas correspondre à un objectif parfaitement atteignable, dans la mesure où certaines conditions ont fortement évolué depuis 1945 et ne sont pas maîtrisables directement par le projet : il en est ainsi de la qualité de l’étang de Berre et des apports des bassins versants du Bolmon et du canal. L’état de référence est donc une déclinaison de l’état historique de cette période, nuancé par les pressions actuelles sur lesquelles le projet n’a pas de levier d’action directe.
Cet état de référence est cohérent avec l’objectif exprimé et partagé par les acteurs locaux qui est de rétablir les caractéristiques de lagune méditerranéenne profonde. Cet objectif a été décliné en objectifs écologiques plus précis, s’appuyant sur des indicateurs : les herbiers de phanérogames et la macrofaune benthique.
Sur proposition de son Conseil scientifique, le CA du Gipreb a arrêté en 2002 les objectifs de qualité du milieu suivants :
Pour la macrofaune benthique :
-Permettre la reconquête de la vie benthique dans les zones les plus profondes de l’étang de Berre actuellement azoïques.
-Permettre l’installation durable d’une biocénose de type SVMC, caractéristique d’une lagune marinisée profonde et stable
Pour les phanérogames : la reconquête des fonds de l’étang par les herbiers de zostères avec un recouvrement important sur tout le pourtour par Zostera noltii jusqu’à 3 mètres de profondeur, avec la présence de Ruppia cirrhosa ; la présence de l’espèce Potamogeton pectinatus à l’embouchure immédiate des cours d’eau et une colonisation des fonds par Zostera marina jusqu’à 6 mètres de profondeur dans la zone sous l’influence des entrées d’eau marine.
Les objectifs de restauration concernant l’étang de Bolmon ne sont pas aussi précisément décrits. Il apparaît cependant incontournable de tenir compte des objectifs du SDAGE et de la DCE qui s’appuient grandement sur ces mêmes indicateurs biologiques.
Il faut noter, sur la base de l’évolution historique de la salinité que tout en étant sans doute différents, les écosystèmes de Berre et de Bolmon sont liés : les grandes modifications du régime de salinité de l’étang de Berre influent sur celle du Bolmon. Il apparaît donc incontournable de prendre en compte les milieux dans leur ensemble, et non pas de façon séparée ce qui serait contraire à la réalité.