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L'oxygénation de l'étang au coeur du patrimoine

Photographe : Mirleau

Pendant que la médiathèque et l'Espace patrimoine et découverte exposaient une série de photos sur
l'étang, que des ateliers d'arts plastiques étaient organisés depuis le 6 septembre à la médiathèque, le Ciné 89 a, lui, lancé vendredi soir les manifestations du week-end Journées du
patrimoine dédiées à l'étang de Berre. Une conférence projection sur "le rôle majeur de l'oxygène dans le fonctionnement de l'étang". Une réflexion qui a pris tout son sens après la decouverte de poissons morts par manque d'oxygène il y a quelques jours du côté de Châteauneuf-les-Martigues. Organisé par le Gipreb et animé par Samuel Meule et Sylvain Rigaud, maîtres de conférences
à Aix-Marseille Université et à l'Université de Nîmes, l'exposé assorti de vidéos et de
schémas s'est efforcé de répondre de manière scientifique à la question "Comment les apports
d'eau douce, d'eau de mer et les vents interagissent-ils sur la vie dans l'étang ?"

 

Le but des recherches actuelles des scientifiques est de comprendre les mécanismes en jeu et de construire un modèle destiné à imaginer des scénarios possibles et leurs conséquences, tels que l'arrêt des rejets de la centrale EDF de Saint-Chamas ou la réouverture du tunnel du Rove.

En effet, contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent encore, la mauvaise santé de l'étang et la dégradation

des milieux ne sont plus dues depuis longtemps à la pollution industrielle mais au manque d'oxygène ("anoxie" pour
les scientifiques). En sont responsables, les apports d'eau douce des rivières, des stations d'épuration riveraines mais surtout les rejets de la centrale EDF de Saint-Chamas (4/5 du t o t a l ) , qui accentuent "l'eutrophisation" du milieu,
c'est-à-dire une prolifération vegétale et bactérienne à l'origine de la désoxygenation. Si les bords de l'étang montrent
la présence d'une vie végétale et de faune à peu près normale, au fur et à mesure que l'on s'éloigne des rives, la dégradation du milieu s'accentue et le centre, plus profond, fait partie des 479 "zones mortes" de fonds marins recensées sur la planète ou aucune vie aquatique n'est possible.
Les éléments mesurés par les scientifiques montrent une situation complexe et très variable selon les moments et les
lieux d'observation : les temperatures extérieures, les apports d'eau salee du Canal de Caronte, et surtout le mistral dominant qui mélange les masses d'eau, introduisant des variations importantes. Ainsi, une même "colonne d'eau" peut
avoir, à très peu de temps d ' i n t e r v a l l e , un taux d'oxygénation proche de 100 % ou quasiment nulle. Dans ces
conditions, il est difficile de dire si l'arrêt des rejets d'eau douce de la centrale ou l'ouverture du canal du Rove résoudraient à coup sûr ces problèmes, même s'ils amélioreraient considérablement la situation.
Cette rigueur et cette "lenteur" scientifique ont désarçonné quelques participants lors du débat qui a suivi la conference.
Ces derniers auraient aimé pouvoir évoquer des solutions plus rapides pour réhabiliter l'étang, même si le temps nécessaire a la recherche fondamentale ne contredit pas les actions militantes à plus court terme. Une date buttoir devra en tous les cas être respectée pour que l'étang offie le "bon état cles eaux" exigé par l'Europe en 2021.
Y.B.
La Provence, jeudi 22 septembre 2016