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Condamnation européenne

La France condamnée à sauver l’étang de Berre

Marseille l'hebdo - 28/12/05

 

La semaine dernière, plusieurs tonnes de sardines flottaient sur l'étang de Berre. Comme le symbole d'une urgence à agir : ces poissons n'étaient pas victimes de la pollution industrielle mais bien d'un trop plein de limon dans le fond de l'étang. Enième conséquence du rejet des eaux froides et limoneuses de la Durance par l'usine hydroélectrique de Saint-Chamas. hasard du calendrier, on apprenait la même semaine le rejet des propositions de la France et d'EDF. En effet, en octobre 2004, la France était condamnée à apporter une solution durable à la pollution de l'étang de Berre. Cette condamnation pour non respect des traités internationaux faisait suite à une plainte de la coordination des pêcheurs, dirigée à l'époque par Jean-Claude Bourgault (L'hebdo du 7 mars 2005). début 2005, EDF avait alors proposé de "lisser" les rejets d'eau douce tout au long de l'année pour éviter les arrivées d'eau trop brutales. L'Europe a estimé que cette réponse était insuffisante pour sauver l'étang et renvoyé EDF et la France à leurs chères études. Justement, cette décision européenne relance considérablement les différents scénarios de sauvetage étudiés par le Gipreb depuis de longues années. "Nous finalisons les études d'une dérivation qui partirait en aval de Saint-Chamas et rejoindrait le delta du Rhône. Ce scénario sauverait à la fois l'étang qui redeviendrait marin et la Camargue qui manque de limons, explique Serge Andréoni, le maire PS de Berre et président du Gipreb. Les travaux devraient durer entre six et sept ans à moins de grosses surprises géologiques découvertes dans le sous-sol de la Crau pour une enveloppe globale d'un milliard à 1,5 milliards d'euros". Cher ? Moins que les amendes européennes de 100 000 euros par jour de pollution.