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  •   /  15 mars matin : Résumés des intervenants

La macrofaune benthique de substrat meuble témoin de l'évolution de la qualité de l'écosystème

 

Le détournement des eaux douces de la Durance dans le nord de l’étang de Berre en 1966 a entraîné très rapidement la disparition de l’assemblage marin de sables vaseux de mode calme (SVMC) qui peuplait l’ensemble des fonds de l’étang. A partir de 1972, on observe l’installation durable sur un mince liseré côtier d’un assemblage lagunaire euryhalin et eurytherme (LEE) adapté à la dessalure et l’absence d’espèces macrobenthiques dans la partie centrale de l’étang. Différentes études ont montré que la dynamique spatiale et temporelle de cet assemblage LEE ainsi que le caractère azoïque, du point de vue macrobenthos, des zones profondes de l’étang, tenaient aux effets directs ou indirects de quatre facteurs principaux agissant en synergie. Trois de ces facteurs dépendent directement des apports irréguliers d’eaux douces entraînant en particulier une variation erratique de la salinité du milieu, un apport massif de limon et  une stratification des masses d’eaux avec de faibles taux ou l’absence d’oxygène dissous dans les zones les plus profondes de l’étang. Le quatrième tient à la pollution importante des eaux et des sédiments de l’étang de Berre induite par les rejets domestiques et/ou industriels des villes et industries environnantes. Dans les années 90 différentes mesures ont été prises pour limiter les effets de ces facteurs altéragènes. Tout en ayant globalement un effet bénéfique sur l’écosystème, notamment en réduisant les  apports des polluants et des limons, ces mesures n’ont pas eu d’effet notoire sur la distribution spatiale et la dynamique des peuplements macrobenthiques comme le montre les suivis réguliers effectués depuis 1993.

A partir de 2005, une nouvelle politique de rejets des eaux douces a été mise en place, le lissage effectué devant limiter en particulier les variations erratiques de salinité, cette dernière devant être supérieure à 15 pour 95 % des mesures hebdomadaires et supérieure à 20 pour 75% de ces mesures. Cette régulation des rejets a entraîné essentiellement une légère extension en profondeur de l’assemblage LEE, une augmentation de la densité des peuplements de la bordure côtière notamment dans la partie nord de l’étang, le retour de quelques espèces marines supportant une faible dessalure, le maintien en période estivale d’un mélange d’espèces lagunaires et marines dans la partie sud est, la plus profonde de l’étang de Berre et la présence ponctuelles d’organismes dans la partie centrale de l’étang. Cependant, si ce lissage est essentiellement favorable à l’assemblage LEE de la bordure côtière, les limites inférieures de salinité exigées et les faibles taux ou l’absence d’oxygène dissous relevés dans les zones profondes ne sont pas compatibles avec une installation significative et durable d’espèces marines dans l’ensemble de l’étang.

Georges Stora1, C. Re1, D. Nerini1

N. Mayot2, G. Bernard2 et P. Picon2

1 Université de la Méditerranée, Centre d'Océanologie de Marseille, LMGEM, Campus de Luminy - Case 901, 13288 Marseille Cedex 09

georges.stora@univmed.fr

2 GIPREB

En vidéo :

Première partie

Deuxième partie


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