"La reprise de la vie aquatique est difficile"

Le Groupement d'intérêt pour la réhabilitation de l'etang de Berre (Gipreb) est
chargé par le prefet des Bouches du Rhône du suivi de la qualite des eaux de baignade sur l'étang de Berre. Les prélèvements sont effectués par l'Agence régionale pour la santé. Selon Philippe Picon, responsable du Gibreb, "les résultats ont révélé une bonne qualité de l'eau pour la baignade. Nous n'avons enregistré que ponctuellement des analyses moins bonnes". Cet été, l'eau n'a
pas été riche en ulves. Ces algues vertes viennent s'échouer sur le littoral, seulement depuis le début du mois "et ne sont pas nocives assure Philippe Picon. C'est leur putréfaction qui dégage une toxicité et il faudrait qu 'il y en ait en grande quantité pour qu 'elles représentent un danger ". Chaque commune est chargée de les faire enlever de leur littoral. "La qualité de l'eau s'est améliorée grâce a la mise aux normes des stations d'épuration dans les communes et ces efforts ont porté leurs fruits".
Mais si en surface tout va mieux, dans les profondeurs, les maux sont encore bien présents, selon le Gipreb. L'écosystème souffre encore. " Sa reconstitution est difficile, car il a été considérablement dégradé. Certaines plantes aquatiques ont disparu, comme les zostères, ou les macrofaunes benthiques, des organismes qui vivaient sur ou dans les sédiments et qui ont besoin d'oxygène. Or au fond de l'étang il n'y a plus d'oxygène. C'est un problème qui persiste ". Jusqu'aux années cinquante, les profondeurs de l'étang étaient tapissées d'une vaste prairie d'environ 6000 hectares et comptaient de nombreux crustacés. Les herbiers et leurs hôtes ont disparu, victimes de l'industrialisation et l'urbanisation du territoire, mais aussi et
surtout des rejets d'eau douce de l'usine EDF de Saint-Chamas qui a déversé jusqu'à 4 milliards de mètres cubes d'eau et de limon par an. Aujourd'hui, ces rejets ont descendu à 1,2 milliard annuel. Reste que la reprise de la vie aquatique est difficile, comme le prouve le quasi-échec de la réimplantation de zostères tentée en juin 2009. La plupart ont peri. Par manque d'oxygène et de lumière. "Cela signifie probablement que les conditions ne sont pas encore suffisamment bonnes et que la pollution est encore trop importante. II faudrait donc aller plus loin ". "Aller plus loin", c'est, en attendant l'hypothétique projet de canal de dérivation, réduire encore les rejets. Le Gipreb travaille a l'amélioration du réseau d'eau pluvial. Pour réduire le risque d'inondation mais aussi améliorer la qualité de l'eau.
N K
La Provence