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  •   /  14 mars après-midi : Résumés des intervenants

La végétation aquatique submergée dans l’étang de Berre

 

Jusqu'au début du 20ème siècle, l'étang de Berre a été un milieu écologiquement riche : la végétation, typique d'un milieu lagunaire méditerranéen, avec son cortège de macrophytes, était "variée et puissante" selon Marion (1887). Les courants, favorisant le transport des organismes marins dans l’étang de Berre par le canal de Caronte et le tunnel du Rove, contribuaient à uniformiser la flore de la mer et de l’étang. Cystoseira barbata était abondamment répandue sur les points rocheux de l’étang et sur les fonds de substrat meuble, les herbiers de Zostera côtoyaient les peuplements de Potamogeton pectinatus et Ruppia cirrhosa. Au début du 20ème siècle, les herbiers de Zostera étaient suffisamment abondants pour générer une véritable industrie du "Varech".

Dès les années 30, l'industrialisation des rives, l'augmentation de la turbidité, les pollutions chimiques de l'eau et des sédiments ont entraîné les premières dégradations de la flore. Les ceintures de Cystoseira barbata, sensibles aux pollutions de surface, ont été les premières touchées. En 1966, la dérivation des eaux de la Durance, par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas, a généré une forte variabilité des conditions hydrologiques et écologiques accélérant le déclin des herbiers et conduisant à l'extinction de Z. marina. L'étang de Berre a basculé d'un système dominé par les herbiers de magnoliophytes à un état caractérisé par des fonds meubles dépourvus de végétation. Actuellement seule Z. noltii est encore présente de manière relictuelle et la végétation typiquement marine a laissé la place à des espèces nitrophiles proliférantes typiques de l’eutrophisation.

Un suivi de la végétation aquatique submergée (SAV) est en place depuis 1990. Actuellement porté par le Gipreb, il est basé à la fois sur de l’observation in situ et le traitement d’imagerie aérienne. Ce suivi a vocation à mettre en évidence les répercussions sur la flore des efforts engagés pour la réhabilitation de l’étang de Berre : réduction des rejets industriels, mise aux normes des stations d’épuration et nouvelle gestion des rejets de la centrale hydro-électrique de Saint-Chamas.

Guillaume BERNARD1, BONHOMME P2, BOUDOURESQUE CF3

1GIPREB – Cours Mirabeau, 13130 Berre l’Etang

2 GIS Posidonie, 3 Centre d’Océanologie de Marseille

guillaume.bernard@gipreb.fr

En vidéo :


> Documentation téléchargeable :