Le Jaï, une plage pour tous
Hier, les baigneurs côtoyaient les véliplanchistes et kitesurfeurs venus profiter du vent

26, 38, 30 degrés, parfois plus... Si ces chiffres sont en ce moment la hantise des agriculteurs et la principale raison des maux de jambes des garçons de café, ils sonnent également le réveil des accros de la plage... Et la plage est sans doute un des lieux les plus socialement egalitaires que l'on puisse trouver. Car ici, argent ou pas, on est tous égaux face aux coups de soleil. Ici, quel que soit son statut social, la température de l'eau est la même pour tout le monde. Ici, le sable
rentre aussi bien dans la chaussure du chômeur que dans celle du chef d'entreprise...
Et tout le monde va à la plage, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons. On y trouve des marathoniens de la serviette de bain, des coquets tentant de parfaire leur bronzage dans un duel torride face au soleil ou des sportifs du dimanche défiant la mer en planche à voile ou en simples brasses.
Ces règles intemporelles, la plage du Jaï n'y échappe pas. Hier, contrairement à la semaine dernière, la foule était beaucoup moins nombreuse, le vent étant venu jouer les trouble-fête. Néanmoins, c'est une autre population qui avait pris possession, celles des adeptes de la glisse, pour qui ce vent est une bénédiction. Hier, pas d'odeurs nauséabondes des maudites algues qui envahissent une partie du Jaï, juste des amateurs de soleil et de glisse en parfaite cohabitation.
Michel, véliplanchiste originaire d'ardèche
"C'est la première fois que je viens et je suis agréablement surpris". Michel sort de l'eau, épuise mais heureux. Dans sa combinaison noire, il pose sa planche à voile et s'allonge sur sa serviette. Et même si Michel est véliplanchiste depuis plus de 30 ans, il porte malgré tout un regard de novice sur ce qui l'entoure. En effet, c'est la première fois qu'il vient au Jaï pratiquer sa passion. "On va sur les sites internet pour voir les conditions météo. Aujourd'hui, c'est le seul endroit du département où il y a du
vent", explique ce chirurgien de 59 ans. Originaire de l'Ardèche, il est venu ce weekend dans la région pour la fête des mères. Cependant, Michel n'est pas totalement en terre inconnue. "Je connaissais ce spot grâce aux journaux spécialisés", raconte-t-il, avant d'ajouter "mais j 'avais des a priori sur l'étang de Berre, avec les usines en face. Je ne suis jamais venu à cause de ça". Pourtant, Michel est venu. Et il a vu ! "Je suis agréablement surpris par l'environnement exterieur. Je m'attendais à des usines beaucoup plus proches, à des eaux sales, alors que ce n'est pas le cas. J'imaginais une lagune déserte autour, mais pas du tout, il y a même un petit village", témoigne-t-il. En plus de cela, Michel confie voir de nombreux avantages à la plage du Jaï pour la pratique de la planche à voile. "Le sable et la pelouse sont proches, ça permet de décharger facilement le matériel. II y a aussi un grand parking, c'est pratique. Et puis la plage est grande, on ne se marche pas dessus".
Autre grand atout du Jaï, la sécurité "Les magazines sont élogieux concernant la sécurité, et c'est justifié. Le spot est sûr, il n'y a pas de rochers et de courants. Le côté ouest est dégagé, le vent vient de l'extérieur. Pour un bon spot, on recherche du vent, du sable et de la sécurité, et ici, on a les trois". Le chirurgien note malgré tout deux défauts a ce lieu béni pour le véliplanchiste "L'inconvénient majeur, c'est l'absence de bars ou de terrasses autour, pour ceux qui ne pratiquent pas. Et puis il y a le bruit des jet-ski, qui est insupportable ". Quoiqu'il en soit, Michel l'assure "Si la météo le permet, je reviendrais".
YP
La Provence