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  •   /  15 mars matin : Résumés des intervenants

Le réseau RINBIO et le suivi des lagunes Méditerranéennes

 

Dans le cadre du Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux du Bassin Rhône Méditerranée Corse, le littoral méditerranéen français a été compartimenté en 50 zones cohérentes de gestion, limitées à la ligne bathymétrique des 100 mètres. Développé par l’Ifremer avec le soutien de l’Agence de l’Eau RM&C, le Réseau INtégrateurs BIOlogiques (RINBIO) a été conçu pour évaluer les niveaux de contamination chimique dans la zone de dilution des différents apports (appelé champ moyen) affectant chacune de ces zones. Comme les « Mussel watch », le réseau RINBIO se base sur les capacités bioaccumulatrices de la moule, mais utilise la technique des transplants pour s'affranchir de la faible disponibilité des stocks naturels de coquillages et de la bathymétrie des sites échantillonnés. RINBIO, dans sa configuration opérationnelle, comporte environ 75 stations de mesure en mer et 30 en lagune et permet de couvrir les 50 zones homogènes du SDAGE RM&C, sur les bases d’un protocole expérimental standardisé et reproductible, avec des coûts optimisés et des taux de récupération supérieurs à 95 %. Chaque campagne permet ainsi d’obtenir une photographie de la contamination chimique le long des 1800 kilomètres de côtes méditerranéennes françaises, y compris dans des zones qui n’ont jamais été prospectées en l’absence de populations naturelles de moules.

Le réseau RINBIO contribue également à évaluer les niveaux de contamination chimique des masses d’eau pré-identifiées au titre de la Directive Cadre Eau (DCE) . En 2006 il a constitué le réseau pivot autour duquel s’est structuré le programme du contrôle de surveillance sur les Districts Rhône et Côtiers Méditerranéens et Corse, en 2009 la campagne RINBIO à permis de renseigner toutes les masses d’eau du contrôle de surveillance et du contrôle opérationnel. Ces campagnes ont ainsi permis d’évaluer les niveaux de contamination pour 29 des 41 substances que comptent les annexes IX et X de la DCE et pour la première fois en 2009, d’évaluer les niveaux de contamination des pesticides et substances pertinentes retenues à l’annexe IV.

Pour les métaux lourds, les secteurs présentant les niveaux les plus élevés sont l’étang de Peyrade (plomb, cadmium), la petite rade de Toulon (plomb, mercure), la lagune de Bages (cadmium, cuivre), la lagune du Prévost (argent), la côte Nord - Ouest de la Corse (nickel, chrome). Pour les molécules organiques, la contamination est plus diffuse, avec plusieurs secteurs impactés notamment les étangs de La Peyrade, du complexe palavasien, de la petite rade de Toulon  pour les PCBs. Pour les composés du DDT se sont essentiellement les étangs languedociens qui sont impactés (La Peyrade, complexe palavasien). Pour les HAPs ce sont les étangs de La Peyrade, du Grec, de Berre et la petite rade de Toulon qui présentent les niveaux les plus élevés.

Concernant les molécules complémentaires des annexes IX et X de la DCE, les résultats montrent que seuls l’endosulfan, le tributylétain et le 4 para-nonylphénol dépassent les limites analytiques de la méthode utilisée sur un nombre réduit de stations, tout comme les phtalates , le pentachlorophénol, l’heptachlore et la procymidone en ce qui concerne les molécules de l’annexe IV.

Bruno ANDRAL

IFREMER - Laboratoire Environnement Ressource Provence Azur Corse

Zone portuaire de Brégaillon - BP 330, 83 507 La Seyne-sur-Mer Cedex

Bruno.andral@ifremer.fr

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