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  • Restauration et prospective
  •   /  Réouverture du tunnel du Rove à la courantologie

Le tunnel du Rove vu par Michel Métaignier

 

« Tous les témoignages que j’ai pu recueillir auprès de gens de plus de 70 ans habitant à Marignane, au Rove ou à Gignac montrent que l’eau du canal était une eau d’une extrême pureté avant l’éboulement du tunnel du Rove. On peut lire dans « le petit provencal » qu’en 1929, il y eut un très gros coup de froid. Cela gelait et du coup, les pêcheurs de Marseille ne pouvaient plus sortir. Les barques restèrent à l’Estaque mais par contre les pêcheurs jetèrent leurs filets dans le tunnel, et en une journée ils pêchèrent assez pour tenir la semaine… Sous le tunnel, l’eau n’avait pas gelé, d’où une pêche miraculeuse !
Pendant la seconde guerre mondiale, le canal a été une réserve de nourriture… tous les dimanches, les Marignanais comme les Gignacais sans avoir besoin de plonger remontaient des seaux de moules et cela a nourri (et tout le monde le dit) Gignac, comme Marignane, comme le Rove…
Il y avait toute une vie autour du tunnel, on l’empruntait à vélo pour traverser le massif de l’Estaque, cela évitait de passer par le Rove. Ce tunnel est plein de petits souvenirs… Du lundi au vendredi, le canal était interdit à la baignade ou à la pêche parce qu’il y avait les péniches. Mais le samedi et le dimanche, les jeunes se baignaient et plongeaient du pont (même si c’était interdit !) Et puis après l’éboulement, cela a été un peu l’Arlésienne…On a parlé pendant 45 ans de sa réouverture. Puis dans les années 70/80, on a pris en compte l’intérêt écologique de la réouverture, pour rétablir la courantologie. Les maires de Châteauneuf-les-Martigues et de Marignane, qu’ils soient de droite ou de gauche se sont officiellement prononcés pour. On a perdu beaucoup de temps mais au final en 2012 on réouvre ! Ce sont les riverains qui vont être heureux : ne plus sentir cette eau stagnante, en particulier l’été… C’est une eau pourrie ! Il y a eu bien sûr des pétitions qui ont circulé mais sans effet !
Michel Méténier, historien