Le tunnel du Rove, vu par Serge Andréoni

« Depuis l’éboulement du tunnel du Rove en 1963, le canal du Rove et l’étang du Bolmon sont devenus des milieux confinés et qui plus est, réceptacle des eaux usées d'un bassin versant fortement urbanisé et industrialisé.
Les populations riveraines, confrontées aux problèmes d’insalubrité et de puanteur se sont battues pendant des années pour qu’enfin leur qualité de vie soit prise en compte. Leur combat, qui est devenu le nôtre, c’est la réouverture du tunnel du Rove à la circulation d’eau de mer.
Le constat de dégradation des eaux de l’étang de Bolmon et du canal du Rove est incontestable : des eaux vertes peu transparentes, la présence occasionnelle de cyanobactéries potentiellement toxiques, des sédiments renfermant une concentration importante en phosphore et azote, une hyper eutrophisation surtout en période estivale, sont autant de symptômes mettant en évidence un milieu malade...
Une situation qui a fortement restreint voire interdit un grand nombre d’usages, notamment la pêche, la chasse et les activités nautiques.
Et pourtant, l'étang de Bolmon et le canal du Rove ont un potentiel écologique et patrimonial incontestable. Les zones humides périphériques de l’étang de Bolmon par exemple, constituent un patrimoine paysager, floristique et faunistique (avec une avifaune composée de plus de 250 espèces) reconnu. De même, nombreux sont les témoignages d’habitants du pays mettant en avant l’affection, le respect qu’ils portent à leur milieu, mais aussi la richesse et la diversité des activités qu’ils pratiquaient : la chasse à la hutte le soir au coucher du soleil, les fameux tirages au sort des « trabaco » pour les emplacements des filets de pêcheurs, les promenades dominicales au bord du canal. Il a fallu du temps et beaucoup d’études pour qu’enfin tout le monde s’accorde sur l’expérimentation à mener.
Il est temps de passer à l’action : à la suite de la mise aux normes des stations d’épuration et du plan de gestion de l’étang de Bolmon, le projet de réouverture du tunnel du Rove à la circulation d’eau de mer est une opportunité exceptionnelle. Il s’agit d’améliorer rapidement, efficacement et durablement cesmilieux aquatiques qu’on a si longtemps délaissés. C’est pourquoi, aujourd’hui, le projet est en marche…»
Serge Andréoni,Président du Gipreb, sénateur-maire de Berre l'étang.