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Les hippocampes prennent leurs aises dans l'étang de Berre

Une deuxième mission baptisée "Hippo Berre" a une nouvelle fois attesté de leur présence

"Ce n'était pas une pêche miraculeuse, loin de là. Mais "Hippo-Berre", deuxième mission du genre lancée par le Gipreb, a de nouveau permis de constater la présence d'hippocampes dans l'étang de Berre. Quatre d'entre eux ont ainsi été repéres et photographies par six chercheurs et plongeurs aux
abords du débouché de la mer dans l'étang de Berre à Martigues, dans le chenal sous-marin creusé entre le pont levant et les bouées de navigation, où la vie sous-marine se développe.

 

 

La présence du "cheval de mer", qui passionne tant par sa physionomie que par ses couleurs, n'est pas une nouveauté :
elle est signalée régulièrement par des pêcheurs ou baigneurs, et elle a déjà été établie lors de missions scientifiques, en 2012 ou 2017.
"hippocampus hippocampus" ont été observés à Martigues
Mais des prospections spécifiques ont été mises en place par le Gipreb, afin de connaître davantage les espèces de "syngnathidé" présentes et leur répartition dans l'étang de Berre. Ces suivis sont effectués en plongée sous marine, en binôme, sur des sites de plongée choisis pour leur potentialité à accueillir des individus déjà observés ou signalés.

C'est dans le chenal sous-marin situé entre le pont levant de Martigues et les bouées de signalisation nautique que les plongeurs ont pu photographier ce bel "hippocampus hippocampus". 
Les sites de la plage des Marettes, à Vitrolles, et du chenal de Caronte, à Martigues, ont été prospectés en plongée sous marine. C'est sur le deuxième site que quatre "hippocampus hippocampus" ont été repéres par six plongeurs expérimentés dont Patrick Louisy, scientifique spécialisé, responsable de l'association "Peau bleue".
Si la présence d'hippocampes n'est pas révélatrice d'une nouvelle amélioration marquante de la santé de l'étang, elle corrobore le fait que, dans des endroits précis où l'oxygénation est bonne, la vie suit son cours et s'y développe. L'an dernier déjà, dans ce fameux chenal, la présence de grandes nacres avait permis au Gipreb de le réaffirmer. Parallèlement, cette année, "hippo Berre 2" a été l'occasion de lancer des pêches expérimentales dans un herbier de zostère naine de la pointe de Berre, pour en évaluer la santé et y réaliser des prélèvements. À l'aide d'une épuisette, dix-huit Syngnathus abaster (cousins des hippocampes, voir encadré) ont été prélevés : 8 femelles, 9 mâles (en gestation), et I jeune.
Autant de constats qui témoignent que les hippocampes et d'autres espèces prennent leur aise dans l'étang de Berre.
Un peu comme les baigneurs, à l'heure où la qualité de l'eau est de nouveau surveillée."
E.G.
La Provence, 6 juin 2018

DEUX ESPECES
Dans les lagunes françaises méditerranéennes, deux espèces d'hippocampes sont régulièrement observées : l'hippocampe moucheté (Hippocampus guttulatus) et l'hippocampe à museau court (Hippocampus hippocampus). Pour les
syngnathes, cousins de l'hippocampe, ce sont quatre espèces qui sont observables : le museau long (Syngnathus tenuirostris), le nageur (Syngnathus cf.taenionotus), le nerophis fil de fer (Nerophis ophidion), et le syngnathe commun
des lagunes (Syngnathus abaster).
Cette espèce est protégée ou soumise à réglementation au niveau communautaire par la convention de Washington, et au niveau international par la Convention de Barcelone.
-  Une fois effectuées, les signalisations d'hippocampes sont partagées sur le site http://observatoire-hippocampe.fr/