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Les milieux aquatiques

Situées à l’interface terre/mer, les lagunes littorales sont des zones très productives qui abritent une remarquable diversité floristique et faunistique. Elles accueillent de nombreuses activités traditionnelles telles que la pêche professionnelle ou la conchyliculture. Par ailleurs, en communiquant de façon plus ou moins permanente avec la mer ouverte, les lagunes permettent de réguler les arrivées d’eau de son bassin versant, et, dans une certaine mesure, d’épurer les eaux polluées.

 

Le bassin de l’étang de Berre est la terminaison occidentale du bassin sédimentaire d’Aix-en-Provence, entre les deux chaînons anticlinaux de la Fare au nord et de la Nerthe au sud. Creusée par l’érosion, la dépression fut envahie par la mer au quaternaire.

L’étang de Berre, d’une superficie de 155 km² (75 km de linéaire de côte environ) et d’un volume estimé à 0.98 Gm3, est l’une des plus grandes lagunes méditerranéennes d’Europe. Il est constitué de deux parties séparées par un haut-fond : le grand étang, à l’Ouest et l’étang de Vaïne, à l’Est. La communication de l’étang de Berre à la mer (golfe de Fos) se fait par le canal de Caronte, aggrandi au début du 20ème siècle à 9 m de profondeur et sur plus de 6 km de long, qui débouche dans l’étang au niveau de Martigues.

Les conditions météorologiques, de type méditerranéen, impliquent des saisons contrastées avec un été aride, un hiver moyennement rigoureux et des pluies souvent torrentielles au printemps et en automne. Les précipitations moyennes annuelles sont comprises entre 500 et 600 mm. Le mistral, de secteur N-NW, est le vent dominant sur l’étang de Berre. Il souffle en moyenne 142 jours par an, avec des intensités moyennes de 6.4 m.s-1, et des coups de vents jusqu’à 36 m.s-1 (130 km.h-1) jusqu’à 6 jours durant. Le vent de secteur E-SE présente des fréquences et des intensités 2 à 3 fois inférieures à celles du mistral, la durée des coups de vent d’est est également bien inférieure.

Les conditions météorologiques jouent un rôle prédominant sur la circulation des masses d’eau dans l’étang de Berre et plus précisément sur l’amplitude des courants sortant et entrant de l’étang. Les effets de la marée sont, soit accentués, soit atténués par l’influence de la direction et de l’intensité du vent : sous l’action du mistral, un courant de surface du nord vers le sud se crée, favorisant la sortie de l’eau saumâtre en surface par le canal de Caronte. L’eau de mer tendra alors à entrer dans l’étang par le fond, à remonter vers le nord jusqu’à former un upwelling rejoignant les eaux de surface. Si l’action du vent perdure, le brassage des masses d’eau permet alors l’installation d’une relative homogénéité verticale. Par secteur SE, la circulation aura tendance à s’inverser.

L’étang de Berre reçoit les eaux de l’Arc, de la Touloubre, de la Durançole et de la Cadière par l’intermédiaire du Bolmon. C’est son versant naturel, 1 700 km2. Le bassin versant de la Durance, s’y déverse artificiellement, par le biais du canal usinier d’EDF, 12 000 km2

 

L’étang de Bolmon, situé au sud de l’étang de Berre, est une lagune peu profonde (1,5 m), d’une superficie de 578 hectares pour un volume de 8,3 millions de m3. Si le cordon sableux du Jaï sépare le Bolmon de l’étang de Berre au nord, au sud, il est délimité par le canal de navigation du Rove et par des zones humides.

Au sud de cet étang, isolé par une digue, passe le canal du Rove, anciennement canal de navigation reliant Martigues à Marseille jusqu’à l’éboulement du tunnel du Rove.

Des échanges hydriques existent entre le Bolmon et Berre par l’intermédiaire de trois bourdigues traversant le Jaï et entre Bolmon et le canal du Rove via deux passes.

 

L’étang de l’Olivier (205 ha), situé sur la commune d’Istres communique avec l’étang de Berre par un canal souterrain de 750  de long.

Enfin les rives de l’étang de Berre abritent plusieurs zones humides et marais périphériques qui communiquent avec l’étang de Berre à des degrés divers (en fonction de la saisonnalité et du fonctionnement hydraulique intrinsèque de chacune d’entre elles).