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Lu dans la presse

Avis de recherche

Usagers de l'étang de Berre, avez-vous vu des méduses ?
Vos témoignages nous intéressent !
Dans le cadre d'un projet scientifique, Guillaume Marchessaux cherche à récolter des informations sur les méduses de l'étang de Berre. Si vous fréquentez régulièrement l'étang, votre aide est précieuse !
Comment faire ?
1. Contacter le par mail : guillaume.marchessaux@mio.osupytheas.fr
2. remplissez la fiche ci-jointe lors de vos sorties sur l'étang.
https://www.youtube.com/watch?v=kV7G0Rdy3Jw

 

Mnemiopsis : la méduse qui envahit l'étang de Berre
Un scientifique lance une étude participative sur cette espèce qui n'a pas de prédateur connu. 
 Mnemiopsis leidyi est une espèce invasive qui se développe au détriment d'autres organismes tels aurelia aurita.
Avec son petit air inoffensif, son corps translucide et sa petite taille, mnemiopsis Leidyi passerait presque inaperçue. Lorsqu'elle traverse, en nombre, les eaux de l'étang de Berre, cette méduse aurait même de quoi ravir les ardents défenseurs de l'étang, heureux de voir réapparaître la vie sur le plan d'eau. Sauf que de cette méduse, tout le monde s'en passerait bien. En effet, la mnemiopsis est une espèce invasive, venue du Golfe du Mexique et de la côte est américaine. Sans doute importé dans les eaux méditerranéennes par un cargo - qui l'aurait libéré avec ses eaux de ballast - ce "cnidaire" a deux inconvénients majeurs : il se nourrit de petites larves de poissons et de crustacés et n'a pas de prédateur connu à ce jour en Méditerranée. De là à penser que sa présence risque de déstabiliser un milieu très fragile, il n'y a qu'un pas...
Guillaume Marchessaux, doctorant à l'Institut méditerranéen d'océanographie, à Marseille, travaille en tout cas sur cette hypothèse. Dans le cadre de son cursus universitaire, il propose aux usagers de l'étang de Berre de l'aider dans ses recherches sur les méduses au travers d'un projet de science participative. "Il s'agit d'un suivi sur deux ans de cette espèce invasive qui a été introduite dans nos eaux vraisemblablement par de gros navires, ce qui reste l'hypothèse la plus plausible, indique le chercheur. L'objectif de cette étude, c'est de parvenir à déterminer l'impact de cette méduse qui s'est particulièrement bien adaptée dans nos eaux. Elle est capable de supporter des gros écarts de températures mais aussi des gros écarts de salinité."

Un féroce prédateur
Aperçue pour la première fois en 2005, Mnemiopsis Leidyi a la fâcheuse tendance à proliférer au-delà de la raison. Eté comme hiver. "Il s'agit d'un organisme dont le régime alimentaire est constitué principalement de zooplancton dont se nourrissent les poissons, poursuit Guillaume Marchessaux. Il mange aussi des larves de poissons et, peut-être, mais ce n'est qu'une hypothèse, d'autres méduses comme aurelia aurita que l'on retrouve aujourd'hui beaucoup moins dans l'étang de Berre alors qu'elle était pourtant très présente avant 2008." De fait, une concurrence - déloyale - s'instaure entre la mnemiopsis et les autres espèces de l'étang.
Autre inconvénient, ce prédateur se déplace en très grand nombre. S'il n'est pas urticant et ne présente aucun risque, il rebute les baigneurs et encombre les filets des pêcheurs. "Nous avons plusieurs retours à ce sujet puisque les méduses mutilent les poissons, poursuit le scientifique. Certains secteurs, comme l'étang de Veyne, à l'embouchure de Marignane, sont aussi les plus impactés car ils sont peu profonds. On les retrouve également en grand nombre aux sorties des rivières qui se jettent dans l'étang et autour des rejets de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas car ce sont des zones dessalées. À la fin du mois de janvier, la température de l'étang est descendue jusqu'à 1,5°C. Les méduses étaient là, preuve de leur capacité à supporter les gros écarts de températures."

Oiseaux
À l'heure actuelle, le défi scientifique lié à cette nouvelle apparition vise à mieux comprendre le comportement de cette nouvelle espèce, sur une longue durée. Comprendre son fonctionnement permettra, à terme, de parvenir à, dans un premier temps, anticiper ses apparitions, ses déplacements et son développement qui sont, aussi, liés à des facteurs climatiques. Puis, pourquoi pas, parvenir à stopper sa prolifération même s'il est impossible de l'éradiquer.
Le contrôle de cette population pourrait passer par l'introduction d'un prédateur. En effet, les scientifiques savent qu'un autre cnidaire s'en nourrit dans son habitat originel mais aussi que les gobis et quelques oiseaux peuvent l'assimiler. On n'en est, bien évidemment, pas encore là.
Une autre méduse observée pour la première fois l'été dernier
La gonionomus vertens a, pour la première fois, été observée l'été dernier dans l'étang. Et c'est du côté de Berre qu'elle a même été vue mais à une seule reprise. "Il s'agit d'une espèce urticante qui vit dans les herbiers, principalement l'été, précise Guillaume Marchessaux. Elle se nourrit de zooplancton et ne présente, pour l'instant, pas de caractéristiques qui nous feraient craindre un caractère invasif. Il s'agit d'une méduse qui proviendrait du Japon mais son apparition n'a rien de préoccupant pour l'instant."
Le suivi de cette espèce fait aussi partie - avec mnemiopsis et aurelia - de l'étude du jeune doctorant.
Besoin d'observateurs réguliers
Dans le cadre de ce suivi et de cette étude, Guillaume Marchessaux lance un appel auprès de tous ceux qui fréquentent les eaux de la mer de Berre. L'idéal, pour le scientifique, est de trouver des "observateurs réguliers" qui se chargeront de faire remonter des informations sur le long terme, à savoir jusqu'à la fin de la période définie, en janvier 2018.
Si vous voulez participer à cette étude, téléchargez un document spécifique intitulé "fiche de suivi des méduses" sur le site du Gipreb (www.etangdeberre.org) ou contactez Guillaume Marchessaux :
guillaume.marchessaux@mio.osupytheas.fr.

Stéphane Rossi

La Provence 04/03/2017

> Documentation téléchargeable :