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Lu dans la presse

Martigues, entre salins et embruns

Le 17ème , c'est ce qu'on appelle « l'âge d'or » pour la ville : elle possède des chantiers navals et une industrie puissante, la pêche, avec sa spécialité , les bourdigues, sorte de nasse pour poissons.

 

Des claies de roseau sont érigées un peu partout le long des canaux (ils sont plus nombreux à cette époque) et les poissons ainsi piégés ne peuvent plus ressortir : les pêcheurs n'ont plus qu'à les récupérer à l'aide de grandes épuisettes. Mais après 1790, et l'abolition de la gabelle, impôt sur le sel, le monopole de l'Etat n'existe plus.

Le premier à en comprendre tout l'enjeu, c'est Jean-baptiste Vidal qui, dès 1793, va installer une saline dans l'anse de la Gafette. Quelques années plus tard, plusieurs propriétaires de bourdigues vont les transformer en saunes, et l'industrie du sel va prendre un essor considérable. En 1811, on ne compte pas moins de neuf salines autour de Martigues, dont une de 12 hectares. Une maison des saliniers est même construite, qui est actuellement le siège du EC.M . !

De la création des Salins du Midi en 1848, des usines de salaisons d'anguilles, sardines et poutargues, des sécheries de morues aux chargements des morutiers partant en campagne pour Terre-Neuve et Saint-Pierre et Miquelon, jusqu'aux fabriques de soude et aux savonneries, l'industrie du sel va tourner à plein régime, transformant peu à peu le paysage des bords de l'étang de Berre et du Chenal.

Vers 1920-1930, l'activité des salines disparaît, et une autre industrie, impulsée par la délocalisation du Port de Marseille, s'installe sur le Chenal de Caronte.

Après la seconde Guerre Mondiale, la reconstruction de la ville devient une nécessité, d'autant plus que l'industrialisation va provoquer un développement massif de Martigues. Le quartier des Salins va désormais faire partie des projets urbanistiques de la commune : construction de l'école de Ferrières par Jean Prouvé, construction du stade, et en 1983, le quartier de l'Hôtel de Ville va prendre forme, avec l'implantation de la nouvelle mairie. Ainsi, c'est toute une conception de l'urbanisme qui va lentement mûrir et se construire sous nos yeux, avec le dernier projet, le Pôle judiciaire.
NATHALIE PIOCH

La Marseillaise