« Nous sommes en droit de faire fermer la centrale de Saint-Chamas »
La Provence - 22/01/05
L’avocate italienne qui a poursuivi la France dans le dossier des rejets d’eau douce dans l’étang de Berre pourrait l’exiger si l’Etat n’agit pas d’ici trois semaines. « C’est une grande victoire mais la bataille n’est pas terminée ! ». Wilma Viscardini, l’avocate italienne qui vient de faire plier la France dans le dossier de l’étang de Berre était à Martigues pour s’entretenir des dernières avancées de ce dossier épineux qui oppose juridiquement la Coordination des pêcheurs de l’étang de Berre et de la région et l’Etat français. Depuis cinq ans, l’avocate spécialisée en droit communautaire planche sur ce dossier, « le plus important qu’elle ait eu à instruire jusqu’à maintenant ». Et maintenant que la Cour européenne de justice vient de lui donner raison, elle n’entend pas lâcher le morceau.
« Le 15 février prochain, l’Etat français devra faire preuve de sa volonté d’avancer et d’agir dans le dossier du rejet des eaux de la Durance dans l’étang de Berre », prévient-elle. « En vertu du protocole d’Athènes (1990),
la France aurait dû faire diminuer la pollution par l’eau douce de l’étang. Elle n’aurait pas dû permettre qu’EDF poursuive l’exploitation de sa centrale de Saint-Chamas sans une nouvelle autorisation d’exploitation revue et corrigée », poursuit-elle. « De fait, la France, est, depuis, en infraction et c’est ce qui a motivé la Cour européenne de justice dans sa décision. Pour notre part, la situation est claire : EDF n’aurait pas dû continuer à exploiter sa centrale en l’état. Si aucune solution raisonnable n’est trouvée par la France pour arranger la situation, nous serons en droit d’exiger de la centrale qu’elle cesse de tourner ».