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Observer l'étang de Berre avec les satellites

Des milliers de satellites qui tournent au dessus de nos têtes… Nous sommes observés de partout !!! Mais pas que nous, la nature aussi … C’est ce qui intéresse le syndicat mixte GIPREB, responsable de l’Observatoire de l’étang de Berre. Les données satellites sont une mine d’informations pour qui sait les interpréter. C’est pour cela que Vincent FAURE, chargé de développement au GIPREB, a été invité à participer au workshop SWOS (réunion de travail et de formation) à Munich du 16 au 18 Janvier 2018.

SWOS (Service d’Observation par Satellite des zones humides) est un projet Horizon 2020 financé par la Commission Européenne pour assister les spécialistes des zones humides (gestionnaires, décideurs, scientifiques) dans le suivi de ces milieux. Ce workshop a réuni environ 50 participants représentant près de 23 pays différents. Le consortium SWOS est constitué de 13 partenaires différents (instituts de recherche et bureaux d'études).

 

SWOS utilise les nouvelles opportunités offertes par les données satellitales gratuites pour générer des produits cartographiques et des indicateurs qui seront applicables partout et qui auront été testés sur une sélection de sites en Europe, en Afrique et en Asie. L'étang de Berre et la Camargue font partie des sites sélectionnés pour la définition et les tests de ces produits.

Les données in situ de l'Observatoire du milieu du GIPREB ont ainsi pu servir à la validation et calibration des produits cartographiques estimant la concentration en Matières en Suspension (MES) et chlorophylle a (et donc du phytoplancton) à partir des données satellitales. Ce travail a été mené par des scientifiques suédois (Brockmann-Geomatics), incluant des échanges avec le GIPREB. Les cartographies d'habitats des zones humides autour de l'étang de Berre ont quant à elles été réalisées par la Tour du Valat.

SWOS a mis en place un portail internet qui sera un point d’entrée unique pour localiser, accéder et traiter l’information sur les zones humides, dont l'étang de Berre !

Les objectifs de SWOS sont ainsi de :

  • fournir des produits de cartographie et des indicateurs issus des données d’Observation de la Terre
  • promouvoir et améliorer l’intégration des zones humides
  • contribuer au développement d’un système mondial d’observation des zones humides qui soutiendra le suivi des objectifs de développement durable à la fois pour l’eau et la biodiversité
  • favoriser le développement de mesures de conservation et de restauration des zones humides en insistant sur le maintien de la biodiversité et des services écosystémiques

Le réseau utilisateur mis en place, et les réunions telles que ce workshop à Munich, permettent de promouvoir les échanges d’expérience et des bonnes pratiques entre les différents gestionnaires et scientifiques de ces zones humides.

Sur cette image, on distingue nettement les rejets de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas, tout comme ceux générés à l'embouchure de l'Arc

LA PROVENCE (31 JAN 18) : « Tout s'éclaire vu d'un satellite » Eric GOUBERT

  Après Thomas Pesquet, le Gipreb. Depuis quelques semaines, dans le cadie d un projet pilote, le syndicat mixte qui étudie depuis des années l'état de l'étang de Berre a une nouvelle corde à son arc : les photos satellites. Ou plus exactement, comme l'explique Vincent Faure, chargé de développement scientifique, des "données satellites", puisque chaque image est le fruit du recoupement de plusieurs d'entre elles, et de filtres qui permettent désormais d'illustrer  d'un coup d'œil les rejets en eau douce et limon de la centrale EDF de Saint-Chamas. Mais les applications vont plus loin, et permettront d'appuyer toutes les données emmagasinées sur place par des études successives.

Parmi elles, celles relatives à la réouverture de la circulation d'eau de mer, de l'Estaque vers le Bolmon, via le tunnel du Reve, vont faire l'objet d'une nouvelle mission lancée par le gouvernement. Menée par Nicolas Forray, président de la section 'Milieux, Ressources et Risques", du Conseil général de l'environnement et du développement durable, elle viendra étudier la solution prônée par le Gipreb. Celle ci prévoit un débit de 10m3/seconde, et un mélange "doux" des eaux venus de l'Estaque dans le cloaque du Bolmon. "Il est dans un tel état, commente Vincent Faure, qu'il n'est plus possible de ne pas agir"

Et les photos satellites, comme celle reproduite ci-contre, l'illustre parfaitement : la couleur verte n'est pas le fruit d'une retouche quelconque, mais bien le reflet de la réalité, en fonction d'une eutrophisation sévère. Toute activité y est interdite, que ce soit pêche ou loisirs nautiques, et baignade évidemment.
"L'avantage de ces images, c'est de parler immédiatement au grand public", ajoute Raphaël Grisel, directeur du Gipreb.
Vu de l'espace, l'étang de Berre apparaît dans son ensemble, et la trajectoire des rejets saute aux yeux. "Il faut savoir qu'ils n'ont pas d'impact sur la qualité des eaux de baignade", tempère Vincent Faure. Qui ont été excellentes en 2017.
Journaliste : Éric GOUBERT
La Provence, 31 janvier 2018.