Retour à l'accueil
  • Actualités

Pas de solutions discount

Les 10 maires du pourtour de l'étang de Berre ainsi que les représentants
des associations et des pêcheurs ont souhaité transmettre à Madame la
Ministre Ségolène Royal une proposition de
solution opérationnelle et rapide pour la réouverture du tunnel du Rove qui
consisterait à creuser une nouvelle galerie capable de transporter un débit
jusqu'à 10 mètres cubes /seconde et à installer une station de pompage dans
le tunnel qui pourrait, elle, être évolutive... Cette solution engagerait
ainsi une logique d'équipement définitif pour ce qui est du génie civil et
progressif pour ce qui est des équipements de pompage.

 

Unis autour du projet de réhabilitation de l’étang de Berre, les élus du pourtour de l’étang de Berre,toutes étiquettes politiques confondues, les représentants des pêcheurs et des associations ont reçu les inspecteurs généraux diligentés par la Ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, Ségolène Royal, au sujet du projet de réouverture du tunnel du Rove ce mercredi 22 mars 2017. Ces inspecteurs avaient pour mission de faire le point sur le programme de travaux et de proposer la mise en oeuvre d’une solution rapide pour permettre de démarrer le projet.
La rencontre avec les inspecteurs généraux missionnés par Mme la Ministre de l'Environnement (que le Gipreb sollicite depuis le début de son mandat) a été l'occasion de réaffirmer la nécessité de la mise en oeuvre d'un projet permettant d'obtenir des effets sur les trois milieux concernés (canal du Rove, étang de Bolmon et étang de Berre), de réaffirmer le rejet de toute solution qui envisagerait un débit à 4 m3/s et l'exigence d'un débit à 10 m3/s, seule solution acceptable par les 10 maires du pourtour de l'étang. Si la décision de la Ministre de faire avancer un « projet qui a trop tardé » selon ses propos, est à saluer, elle ne doit toutefois pas conduire à des choix techniques qui ne permettraient pas de répondre aux objectifs de restauration des milieux aquatiques, y compris celui de l'étang de Berre. 
L'expérience acquise sur le contentieux opposant la France à l'Union européenne, au sujet des apports d'eau douce de la centrale hydroélectrique EDF, conduit les membres du Gipreb à être très vigilants sur la mise en place de solutions « discount » qui, par la suite, ne seraient pas réévaluées et conduiraient à un statu quo sans amélioration digne de ce nom pour les milieux aquatiques et sans possibilité de poursuite des travaux.
Le Grand Port maritime de Marseille, via le service annexe des voies navigables, a été désigné parl’Etat comme maître d’ouvrage des travaux de réouverture et du suivi de la phase expérimentale. Engagées en 2014, les études de maîtrise d’oeuvre ont conduit à des propositions de travaux estimées à 31 M€, qui dépassent largement l'engagement des partenaires financiers. Si une part de cette augmentation peut être attribuée à une nécessaire réactualisation des coûts estimés en 2002, l'autre est attribuée à un dimensionnement des travaux considéré trop conséquent. La maîtrise d’oeuvre a réétudié les projets et a abouti à deux scénarios (10 m3/s et 4 m3/s) qui correspondent à des coûts de l’ordre de 21 M€ et 13 M€.

Dès 2002, le Gipreb était convaincu que des débits de 4 m³/s seraient insuffisants pour produire des effets significatifs sur les trois masses d'eau et cette position des acteurs locaux, partagée au plus au niveau de l’État, aboutissait à la décision de la Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable,Roselyne Bachelot, d'engager les études de travaux sur un débit maximum de 20 m³/s.

Si aujourd'hui, les pressions sur les milieux ont diminué grâce aux investissements des collectivités sur leurs systèmes d’assainissement et qu’ainsi, l'état écologique des milieux a évolué positivement, il n’en reste pas moins vrai que les deux masses d'eau sont classées « de médiocre à mauvais » au regard de la Directive Cadre sur l’Eau. Or les apports d’eau de mer envisagés ont vocation à réduire le niveau d’eutrophisation des trois milieux aquatiques et à favoriser leur recolonisation par des espèces animales et végétales variées. Il ne faudrait pas oublier que le projet de réouverture du tunnel du Rove à la circulation d’eau marine a pour vocation la restauration écologique de milieux dégradés.

Sans anticiper sur la réponse des experts scientifiques, mobilisés par le Comité de pilotage du projet de réouverture du tunnel du Rove pour éclairer sur les effets de différents scénarios de débits et de transfert d'eau entre les milieux, les éléments d'analyse dont le Gipreb dispose, confirment que des débits d'eau de mer de l'ordre de 4 m³/s permettraient une amélioration du canal, peut être une amélioration de la situation de l'étang de Bolmon mais n’auraient certainement pas d'effets sur l'étang de Berre. Ce milieu est pourtant au coeur du combat des élus et ils ne peuvent se résoudre à ce qu'il soit le parent pauvre du projet. Pour mémoire, cette pseudo solution avait été proposée il y a longtemps mais n’avait pas été retenue, à l’unanimité des membres élus du Gipreb.
Le Gipreb soutient donc que les ouvrages permettant le transfert de débits d'à minima 10m³/s doivent être prévus dès l'engagement des travaux et que des économies doivent encore être recherchées sur la réalisation des travaux, les technologies mises en oeuvre, la progressivité de l’installation des équipements en fonction des phases expérimentales, l'optimisation des dispositifs d'échanges entre les milieux et les protocoles de suivis de leurs évolutions.
Mercredi 22 mars 2017

Tunnel du Rove : Ségolène Royal veut accélérer le processus
La ministre a missionné deux inspecteurs généraux, qui viennent de rencontrer les élus.
D'un côté, l'étang du Bolmon, et l'étang de Berre. En mauvais état. De l'autre, la mer, au niveau de l'Estaque.
En meilleur état. Au milieu, le tunnel du Rove, de sept kilomètres de long, obstrué par un éboulement depuis le 16 juin 1963.
Depuis bientôt vingt ans, la réhabilitation complexe de l'étang de Berre et surtout de sa partie sud, plaide pour sa réouverture. Pas à la circulation des bateaux, mais à celle de l'eau de mer qui, via un systeme de pompe, serait puisée côté Maiseille, avant de rejoindre le Bolmon, puis l'étang.
Le Gipreb a pris position pour la solution du débit à I0 m3/seconde
Mais ce système de pompage, imaginé depuis des années, en est encore au stade des études. La première, rendue l'automne dernier par le cabinet "Egis", a fait bondir élus et associations : d'un coût dépassant les trente millions d'euros, il avait été jugé disproportionné. Depuis, le sous-piétet d'Istres a mené d'autres réunions, via le comité de pilotage qu'il préside qui ont permis de proposer des solutions moins coûteuses.
Alors que les 31M€ correspondaient à un début de 20 m3/seconde, deux autres débits sont possibles, l'un de 4 m3/seconde et l'autre de 10 aux coûts respectifs de 13 et 21 M€.
C'est pour déterminer le meilleur scénario que Ségolène Royal a envoyé deux inspecteurs généraux auditionner les
services de l'Etat, élus, associations et spécialistes, comme le Gipreb. La ministre de l'environnement considérait qu'il faut désormais "avancer au plus vite" et accélérer un dossier "qui a trop tardé".
Chacun pousse maintenant vers la solution qu'il privilégie. Comme de nombreuses associations et en particulier la coordi
nation "Etang marin" managée par Bernard Niccolini, leGipreb a pris position : "Dès 2002, rappelle l'institution, le Gipreb était convaincu que des débits de 4m3/seconde seraient insuffisants pour produire des effets significatifs sur les trois masses d'eau." Le Gipreb estime même qu'il s'agit d'une "pseudo solution" qui permettrait "une amélioration de la situation de
l'étang de Bolmon mais certainement pas d'effets sur l'étang de Berre".
Le Gipreb milite donc clairement pour "le transfert de débits d'a minima 10m3/seconde". "Ils doivent être prévus dès l'engagement des travaux" précise-t-il, avançant même "que des économies doivent encore être recherchées sur la réalisation des travaux, les technologies mises en oeuvre" etc.
Le Gipreb sera-t-il entendu par Segolène Royal ? Les inspecteurs généraux ont en tout cas entendu ses arguments, comme ils ont auditionné les services de l'Etat, le préfet comme le sous-préfet ou encore les services du Grand Port maritime. Les trois solutions techniques ayant chacune leurs avocats et leurs détracteurs un consensus se dégagera-t-il enfin à l'issue de cette mission d'inspection ? Rien n'est encore sûr, élections politiques aidant, mais le rapport des deux ingénieux missionnés par la ministre pourra au moins permettre de faire un nouveau point d'étape. Et d'envisager de lancer une première expérimentation... Puisqu'il s'agit bien de cela : dans un premier temps, la solution preconisée aura des effets qu il faudra encore étudier. De son côté, le député Jean Pierre Maggi (dvg) de Salon a appelé à "la mobilisation de tous les acteurs concernés et ainsi renforcer la crédibilité de la candidature de l'étang à une inscription au patrimoine mondial de l'Unesco" portée par Ie député de Martigues, Gaby Charroux.
Journaliste : Éric Goubert
La Provence, 29 mars 2017

Les élus ont exprimé leur position aux inspecteurs generaux envoyés par la ministre de l'Environnement 
LA LETTRE DES DIX MAIRES
Les maires du pourtour de l'étang de Berre, rejoint par Serge Andréoni, président du Gipreb, Bernard Niccolini, président de l'Etang marin, William Tillet, 1er prud'homme et Gérard Nevière (MNLE13), ont écrit hier à Ségolène Royal pour lui faire part de leur position. "Au regard du coût affiché pour le seul percement de la galerie, écrivent-ils, nous vous proposons de considérer qu'une solution permettant un démarrage rapide du projet pourrait consister dans (e lancement immédiat du creusement d'une galerie d'une capacite de 10 m3/s à travers l'éboulement et l'installation de stations de pompage révisées et évolutives". Les élus insistent "Dès lors que tous les avis exprimés ont évoqué l'insuffisance pour les milieux aquatiques de débits limités à 4 m3/s,nous ne pourrions en aucun cas cautionner une telle solution".
Les différents acteurs concernés
C'est en avril 2003 que Roselyne Bachelot, ministre de l'Ecologie, s'était positionnée en faveur du retour à la "courantologie" dans le tunnel du Rove.
Aujourd'hui, c'est le Grand port maritime de Marseille, via le service annexe des voies naviguables, qui a été désigné comme maître d'ouvrage.
Le maître d'oeuvre choisi par le GPMM est le cabinet "Egis eau et infrastructure", qui a mené les études conduisant aux propositions de travaux réparties en trois scénarios.
Au niveau du financement, trois partenaires sont identifiés : l'Agence de l'eau (50 %), le Conseil départemental (25 %) et le Conseil régional (25 %). Les travaux consistent à construire une station de pompage au sud de l'éboulement, afin "d'envoyer" de l'eau de mer dans le Bolmon.
> Documentation téléchargeable :