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L'anguille sort la tête de l'eau

"Boudé localement, prise en Italie, l'anguille est l'une des richesses méconnues de l'étang de Berre. Dimanche, à Saint-Chamas, les "Anguillades" tenteront de le promouvoir. Rencontre avec l'un des pêcheurs encore en exercice.
Depuis des années, Martigues a ses sardinades, la Côte bleue ses oursinades, et depuis deux ans, Saint-Chamas a ses anguillades. Pour la troisième année, ce dimanche, la ville proposera des dégustations et de multiples animations pour promouvoir ce poisson qui, une fois pêché, part directement pour l'Italie ou d'autres contrées sans passer par les consommateurs locaux.

 
Autour de l'étang de Berre, une quarantaine de pêcheurs disséminés dans chaque port tirent encore une partie de leurs ressources de la pêche de ce poisson mal-aimé. Avec de multiples contraintes liées autant à la période de pêche, fermée en été, à la taille minimale des prises (12 cm), ou encore à une spécificité: l'anguille ne peut être vendue que vivante. "Morte, elle n'a aucune valeur", témoigne Baptiste Brun, dernier pêcheur professionnel de Berre l'Etang, qui n'aime rien de plus que la liberté d'aller se prendre des embruns dans la figure de bon matin. "L'anguille, c'est ma ressource principale, dit-il. J'en prends dix à quinze tonnes par an. Gustativement, ça ressemble un peu à la sole, c'est très fin. J'aimerais évidemment qu'elle revienne au goût du jour autour de l'étang.
Pêchées aux filets, les "trabaques", les anguilles de l'étang retrouvent depuis quelques années les tables des bons restaurants. Le Rabelais, à Saint-Chamas, en met à la carte, la conserverie Marius Bernard la travaille, un restaurant japonais, le " Tahi No Yume", à Marseille, l'utilise...
"Et on se bat avec une réglementation étonnante : les poissonneries n'ont pas le droit d'en vendre, puisqu'elle a été classée parmi les espèces protégées, mais on a le droit de la vendre que pour les pays membres de l'Europe. Pour les autres, là aussi, c'est interdit".
Un véritable imbroglio administratif qui n'empêche pas ce jeune pêcheur de prendre un plaisir renouvelé à se lancer sur
l'eau, chaque matin, à l'aube.
"J'aimerais vraiment que les riverains de létang redécouvrent l'anguille", conclut-il. Dimanche à Saint-Chamas, il sera possible d'en goûter. Ce qui, pour beaucoup, sera déjà une véritable découverte. Voire une révélation."
> Documentation téléchargeable :