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Le ras-le-bol des pêcheurs

Après Olivier Saint-Michel (« le marin » du 22 juin), c'est au tour d'un autre pêcheur de l'étang de Berre, Gilles Guidarelli, de crier sa colère. «On nous jette nos filets dans le port, on les brûle à l'acide, on nous les vole, ce n'est plus possible de travailler comme ça, explique-t-il, écoeuré. C'est devenu la guerre entre les pêcheurs professionnels et les braconniers.»

 

Les préjudices se chiffrent en dizaines de milliers d'euros, sommes impossibles à supporter pour ces petites structures que sont les entreprises de pêche familiales. « On aimerait avoir des locaux dans les ports pour stocker notre matériel en sécurité, mais les communes ne font rien. Pas plus que les pouvoirs publics », ajoute-t-il. Le manque de sévérité du parquet est pointé du doigt de manière générale. Face à cette situation délicate, l'adjudant-chef Brouillet, de la Brigade mixte côtière et fluviale de Martigues,
assure qu'il n'a pas à rougir de l'action de la gendarmerie maritime face a cette concurrence déloyale : « Nous faisons ce que
nous pouvons et nous avons verbalisé deux braconniers la semaine dernière encore». Cependant, il déplore «n'être pas maître de la suite» et avoue que beaucoup de braconniers sont insolvables, parfois avec un lourd casier judiciaire, et que très peu sont condamnés. «Ces braconniers sont en général des hommes sans brevet ni permis de mise en exploitation, explique-t il. Le problème est le même chaque année, mais nous manquons de réels moyens coercitifs pour pouvoir saisir leurs outils de pêche.
Pour le moment, personne n'a trouvé de solution miracle».
La Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), anciennement Affaires maritimes, assure que le sujet est bien connu de leurs services. Une initiative locale, coordonnée par le sous-préfet d'Istres, est en cours. Cependant, la DDTM ne
souhaite pas s'exprimer sur ce sujet avant septembre.


Camille BLEUET

Le Marin