dysfonctionnements de l'étang

L’étang de Berre présente encore les caractéristiques d’un milieu fortement dégradé. Le contexte général d’eutrophisation se maintient, dont les conséquences directes sont des développements excessifs de phytoplancton, une diminution de la transparence de l’eau et des épisodes d’anoxie sévères dans le temps et l’espace. La salinité dans l’étang est maintenant globalement comprise entre 15 et 25 g/l, pour autant la stratification haline perdure et accentue l’anoxie dans les zones les plus profondes. D’un point de vue biologique, le système est dominé par les blooms phytoplanctoniques, la végétation aquatique fixée, dépendante de la lumière parvenant sur le fond (et donc de la turbidité des eaux), a régressé, les herbiers de phanérogames ne sont plus fonctionnels. Les herbiers de Zostères notamment ne sont plus présents qu’à l’état vestigial. Du fait de l’anoxie des zones les plus profondes, les invertébrés benthiques restent cantonnés à la bordure littorale. Certaines espèces pourtant, telle la moule de Méditerranée (Mytilus galloprovincialis ), sont abondantes dans l’étang.
La plupart des espèces de poissons présentes sont des migratrices saisonnières, qui ne passent qu’une partie de leur cycle de vie annuel dans l’étang. C’est notamment le cas de beaucoup des espèces d’intérêt commercial. Cette mobilité leur permet de mieux supporter les épisodes de dégradations de la qualité du milieu (principalement en période estivale), pour autant le peuplement présente les signes d’un certain niveau de stress.