Retour à l'accueil
  • Actualités
  •   /  Lu dans la presse
  •   /  Condamnation européenne

Condamnation européenne

Peut mieux faire

La Marseillaise - 22/12/05

La solution du "lissage" mise en oeuvre par EDF a été jugée insuffisante par la Commission Européenne. Les élus locaux y voient un encouragement à aller vers un véritable plan de sauvetage.

 

L'Europe peut parfois être porteuse de bonnes nouvelles. C'est en tout cas la conclusion que l'on peut tirer au vu des réactions qui ont suivi l'avis de la Commission européenne jugeant le plan de "lissage" des rejets de la centrale EDF de Saint-Chamas insuffisant.

Le président du Gipreb, Serge Andréoni se déclarait hier "très heureux" jugeant que l'avis de la Commission européenne confirme "ce dont nous étions persuadés : le fait de "lisser" n'est pas une solution en soi mais une mesure transitoire. La solution définitive, c'est la dérivation des eaux vers le Rhône à partir de l'aval de Saint-Chamas". Il s'agit à ses yeux de la seule façon de "réhabiliter l'étang sans impacter la Basse Durance, cela permettrait aussi de sauver le delta de la Camargue et le They de la Gracieuse". Le président du Gipreb évoque d'ailleurs volontiers une action menée "en parfait accord" avec le syndicat mixte d'aménagement de la Vallée de la Durance qui regroupe les départements des Alpes de Haute Provence, du Vaucluse et des Bouches du Rhône.

"Revoir la copie"

Déjà condamnée en octobre 2004 par la Cour européenne de justice pour non protection des milieux marins, la France "a deux mois pour revoir sa copie" poursuit Serge Andréoni, "sinon il y aura des astreintes financières et si astreintes il y a, j'espère qu'elles seront suffisamment importantes pour dépasser le montant des annuités d'emprunt correspondant à la construction d'un canal. L'Etat n'aurait plus la possibilité de dire "c'est trop cher". Le coût d'un canal de fuite évalué à un million d'euros "peut paraître lourd mais il faut le mettre en parallèle avec le chômage endémique sur le pourtour de l'étang de Berre qui représente 20 à 22 %". Pour Serge Andréoni, un étang de Berre réhabilité pourrait permettre le développement de loisirs de proximité et la création de "3 000 à 4 000 emplois". Et le président du Gipreb de souligner : "tous les espoirs sont permis à condition de rester vigilants".

Vigilance de mise également pour Jean-Claude Cheinet, adjoint à l'environnement à la ville de Martigues : "C'est une réponse qui nous conforte" juge-t-il "mais ce qu'il faut craindre c'est que certains se servent d'une diminution du potentiel hydraulique pour faire passer en force d'autres projets comme ceux d'une centrale au gaz à Fos-sur-mer ou de l'incinérateur". Si l'avis de la Commission européenne "confirme le fait que le lissage des rejets d'eau douce ne devait pas être quelque chose de définitif", l'enjeu est à ses yeux "une vision plus globale du problème de l'énergie : comment aménager Provence-Alpes-Côte d'Azur en gardant ce potentiel hydraulique considérable ?". Un nouveau feuilleton "Etang de Berre" va-t-il s'écrire ?