| >sommaire >les deux projets phare >l'étude de dérivation des rejets EDF |
|
l'étude de dérivation des rejets EDF |
|
Sans oublier la volonté de ne pas détériorer un autre milieu
pour reconstituer le milieu étang de Berre, les principaux attendus qui
cadrent les études de dérivation sont résumés sous l’intitulé : Les familles de solutions retenues en final permettent toutes de restaurer l'étang de Berre, d'épargner la Durance et de retrouver une pleine capacité de production hydroélectrique.
|
Les objectifs
poursuivis par les études de dérivation des rejets EDF ![]() “Zéro contrainte d’exploitation pour EDF” n’est donc pas un postulat de complaisance pour l’industriel mais signifie la prise en compte par les élus et les usagers des besoins d’exploitation de la chaîne Durance-Verdon, dont les performances, basées sur une énergie renouvelable déclarée prioritaire, restent exceptionnelles pour satisfaire la demande. Le “zéro rejet” est motivé par : • la volonté des acteurs du GIPREB de remariniser l’étang, volonté traduite par un vote du conseil d’administration sur un objectif de qualité de lagune méditerranéenne profonde, • les perturbations causées par les variations brutales et saisonnières des rejets EDF qui ne permettent aucune stabilité des milieux aquatiques. En effet, pour répondre aux variations de la demande en électricité des usagers, la réactivité de la chaîne hydroélectrique est fondée sur la possibilité d’un turbinage massif et soudain incompatible avec la vie dans l’étang. Fondées sur le principe d’interrompre totalement les rejets d’eaux douces, les études de dérivation intégrent également une étude d’incidence de l’arrêt des rejets sur l’étang, confiée à SAFEGE CETIIS afin de prévoir les réactions et l’état du milieu en cas d’arrêt total et définitif des rejets et, si nécessaire, de définir les mesures d’accompagnement.
En 2001, une première phase de la démarche avait permis d'analyser le degré de faisabilité technique de 18 solutions de dérivation et d'en retenir 5 pour une étude approfondie. Une deuxième phase de la démarche sur la base de ces cinq solutions retenues s'est déroulée en trois étapes fondées sur des "aller et retour" entre les hypothèses techniques de départ liées à chaque tracé initial et les modifications imposées par les contraintes révélées au fur et à mesure de l'avancement des résultats. Solution A : de Saint-Chamas au Rhône par tunnel +canal solution B : de Saint-Chamas au Rhône par tunnel (solution siphon) solution C : conduite en charge dans la vallée de la Durance solution D : répartition en "trois tiers" avec utilisation des réseaux de canaux agricoles, rejet en Durance et à moyen terme d'exploitation de la branche Saint-Chamas en pompage turbinage solution E : rejet en mer par tunnel A partir de cette sélection des variantes, les bureaux d'études ont procédé à l'étude approfondie de chacune des solutions retenues. Les résultats ont favorisés de nouvelles modifications dans les hypothèses d'études. Plusieurs solutions ont été abandonnées : la solution D n'était pas réaliste en phase définitive : la capacité des canaux agricoles est beaucoup plus limitée que ce qui peut paraître à première vue. En outre, l'option de pompage turbinage posait de graves difficultés : des bassins de rétention de plusieurs millions de m3 en amont (dans la plaine de Mallemort) et en aval (par une digue dans l'étang de Berre) sont nécessaires ; le pompage-turbinage consomme davantage d'énergie qu'il en produit, ce qui en fait un simple appoint pour optimiser la production en heure de pointe ; ce dispositif se traduit de fait par un rejet intégral en Durance au niveau de Mallemort, avec des conséquences sur les équilibres morphologiques de la Basse Durance et par la perte du potentiel de production des usines de Salon et Saint-Chamas. la solution E (rejet en mer) n'apportait aucun avantage par rapport à un rejet direct au Rhône et posait d'importants problèmes d'impacts sur les milieux marins et de contraintes de construction en mer. la solution C (canal enterré dans la vallée de la Durance) a été étudiée plus en détail mais ses incidences majeures sur la nappe et sur les cultures intensives de la vallée de la Durance cumulées à un coût nettement supérieur aux autres solutions ne la rendaient pas crédible. Par ailleurs, une nouvelle famille de solution a émergé : le canal de surface depuis le canal EDF existant dans le secteur de Salon jusqu'au Rhône. Un premier tracé (solution F) entre Crau et Alpilles s'est avéré induire des incidences majeures sur l'équilibre socioéconomique, agricole et en conséquence écologique du territoire de la Crau. La recherche de variantes de tracé du canal de surface a conduit à envisager une solution mixte avec un tunnel à travers le massif de Grans-Miramas prolongé par un canal de surface. Cette variante originale a été conservée comme solution à part entière pour la comparaison des solutions (solution G). Les trois solutions qui restent aujourd'hui en lice sont : une solution siphon (B) en tunnel depuis la sortie de l'usine de Saint-Chamas jusqu'au Rhône une solution tunnel + canal de Saint-Chamas au Rhône (A) une solution en canal de surface avec un départ en tunnel (G) En pratique, une sélection "technique" de la "meilleure" solution s'est avérée être un exercice vain : aucune des variantes retenues au terme de la démarche ne présente d'atout majeur la mettant à l'évidence en avant, ni de contraintes rédhibitoires ; les variantes retenues diffèrent sensiblement par leurs impacts sur les territoires : les choix relèvent dorénavant d'évaluation politique des avantages et contraintes de chaque variante pour les territoires. Les tracés envisagés ont seulement pour but de montrer pour chaque solution, un tracé possible, en cernant les problèmes techniques qu'il génère et les solutions possibles, en décrivant les conséquences et les impacts qui en découlent, en évaluant les travaux et un premier ordre de grandeur des coûts de construction. La solution retenue devra faire l'objet d'études détaillées au sein d'un faisceau de tracés possibles, d'une étroite concertation avec tous les acteurs locaux et de toutes les procédures réglementaires. Les solutions enterrées au dessous de la mer se caractérisent par une très faible incidence sur les territoires traversés une fois passée la phase de construction. En revanche, ces solutions comportent une longue phase travaux pendant laquelle l'impact est fort du fait des volumes de déblais à évacuer. Le coût des solutions enterrées au-dessous du niveau de la mer est sujet à incertitudes en raison des difficultés du creusement d'un tunnel de grand diamètre à plusieurs dizaines de mètres sous le niveau de la mer. Les solutions de surface avec des passages en tunnel au dessus du niveau de la mer impactent le territoire en termes de paysages et d'emprise foncière mais la phase travaux ne pose pas d'inconvénients. Elles peuvent être l'occasion d'une réorganisation des approvisionnements en eau pour sécuriser l'eau potable et restructurer les réseaux agricoles. Toutes les solutions retenues conduisent à renvoyer au Rhône aval les eaux jusqu'ici déversées dans l'étang de Berre. Elles sont implanter sur un territoire qui relie Saint-Chamas/Miramas au secteur de Port Saint-Louis via Istres et Fos. Le budget encore très approximatif se situe aux alentours de un milliard d'euros.
|