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la restauration des lagunes

La restauration écologique est le procédé par lequel on accompagne le rétablissement d'un écosystème qui a été dégradé, endommagé ou détruit. Elle tend vers le retour de l'écosystème à sa trajectoire historique. En effet, il s'agit d'accélérer le rétablissement d'un écosystème antérieur. Cela nécessite une bonne connaissance de l'écologie fonctionnelle et évolutive des écosystèmes ciblés, de l'histoire de la dégradation anthropique et, enfin, le choix d'un écosystème de référence pour guider la planification, la réalisation, le suivi et l'évaluation du projet de restauration. La trajectoire sert de base à des objectifs de restauration. De ce point de vue, la restauration est une tentative holistique (globale) qui s'efforce d'embrasser, selon James Aronson, chercheur au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive à Montpellier, les réalités et les tendances à la fois culturelles et environnementales, dans une perspective écologique et socio-économique plutôt que purement technique ou d'aménagement.

 

Les conditions historiques sont un point de départ idéal pour un plan de restauration. Néanmoins, restaurer un écosystème historique reste utopique. Il est illusoire d'imaginer retrouver une réplique statique du passé.

"Pour les systèmes qui nécessitent une longue période de restauration, il faut charcher à concilier l'idéal, qui est de restaurer un écosystème fidèlement à sa trajectoire historique, et la réalité, selon laquelle les écosystèmes sont dynamiques et sujets à altération ; ceci à cause des flux environnementaux et des changements à long terme des conditions environnementales, ainsi qu'en réponse à des évènements aléatoires dans leurs propres processus dynamiques. Les écosystèmes restaurés ne pourront jamais être des répliques statiques du passé. Au contraire, ils réagissent continuellement en termes biotiques à leurs propres processus internes et aux conditions de l'environnement externe qui varient sans cesse." James Aronson, "La restauration écologique".

Croire qu'un écosystème peut revenir à un stade préalable ou idéalisé, une représentation fidèle d'un état antérieur (comme si le temps était réversible) est utopique et contre-productif.

Le fait que les hommes aient exploité et abusé de leur environnemment naturel a amplifié et dévié les trajectoires des écosystèmes. La plupart du temps, les écosystèmes ne peuvent se rétablir spontanément et nécessitent une restauration écologique intensive. En d'autres termes, ils ont franchi un, voire plusieurs seuils d'irréversibilité. Ces seuils empêchent parfois les praticiens de ramener un écosystème détérioré à son stade antérieur et exigent que la restauration soit replanifiée pour atteindre un autre stade. "Face aux pressions croissantes des activités humaines sur les écosystèmes, compter uniquement sur les capacités naturelles de regénération ne suffit plus" souligne Yves Hénocque d'Ifremer. "L'ingénierie environnementale, dont certaines techniques ont été développées il y a déjà très longtemps, s'impose".

Un écosystème a une trajectoire évolutive qui consiste en une séquence chronologique de ses stades dynamiques antérieurs. La trajectoire projetée sert de base aux objectifs du projet de restauration et au développement d'un modèle de référence sur lequel les plans du projet seront basés.

Les plans pour les projets de restauration comprennent au minimum :

- un raisonnement holistique sur la nécessité de restaurer une partie du paysage

- une description écologique du site

- une désignation et une description de la référence

- une explication de l'intégration de la restauration au paysage alentour

- des plans explicites, des calendriers et des budgets pour la préparation du site

- les activités de restauration, incluant une stratégie pour faire de promptes corrections à mi-course

- des standards de performance développés et explicitement établis, avec des protocoles de suivi grâce auxquels le projet peut-être évalué

- des stratégies pour un maintien à long terme de l'écosystème restauré.