Roger Rampaud, le dernier pêcheur d'anguilles
L'adieu

Le monde de la pêche en général et des petits métiers de la mer en particulier, qui revendique son existence à travers des personnages essentiels à sa survie, est en deuil depuis la fin de l'année.
D'Istres à Martigues, de la Mede à Port-Saint-Louis, Roger Rampaud était un personnage qui a défendu son étang : l'étang de Berre et l'anguille, cet or vert qu'il péchait depuis l'âge de 14 ans.
Ce fils et petit-fils de pêcheurs d'anguilles n'a eu de cesse de travailler avec les scientifiques afin de sauvegarder sa profession ainsi que la vie des poissons. II avait son petit port de pêche, ses bateaux, et ses matelots a la Mede, sa ville d'oorigine et une passion absolue qu'il servit jusqu'à sa récente disparition a 72 ans.
L'histoire de ce poisson serpent, des filets dressés dans l'eau jusqu'aux aux viviers oxygénés ou le pêcheur les conservait - car l'anguille ne peut se vendre que vivante -, suit un trajet mythique a partir de la mer des Sargasses, et à travers l'Atlantique avant de rejoindre le sud et de trouver dans les étangs, la salinité, ni trop, ni trop peu, que Roger Rampaud défendait en fin connaisseur du milieu aquatique.
L'homme aura collaboré avec les chercheurs du GIS Posédonie notamment et participé à une émission télévisée sur cette spécialité en voie de perdition qu'est la pêche aux anguilles. "Un met pourtant très apprécié dans toute l'Europe ", disait-il, et qui servait surtout à l'exportation. Tous les mareyeurs de basse-Provence connaissaient et venaient se ravitailler chez Roger à la Mède. D'autant que cette pêche, devenue ingrate par la raréfaction de l'anguille, semble en voie de disparition, et que les tables de Noël de nos villes et nos campagnes ne la servent plus comme un plat de tradition. C'est en fait une personnalité rare qui vient de nous quitter. Une vie de témoignage et d'appartenance qui prend fin, et avec elle, un petit port qui vient de perdre son âme.
J B
La Provence