Situation écologique de l’étang de Bolmon et du canal du Rove
Le renouvellement de l’eau : une action nécessaire
L’amélioration des systèmes d’épuration sur le bassin versant de l’étang de Bolmon et du canal du Rove (en cours) est une démarche indispensable et complémentaire au projet de réouverture du tunnel du Rove. Mais sans un apport d’eau de bonne qualité, en quantité suffisante pour permettre un renouvellement efficace des eaux, la baisse des apports par le bassin versant ne permettra pas à elle seule de recouvrer un niveau trophique acceptable, et donc de restaurer durablement l’habitat. En effet, le niveau de confinement de ces milieux est tel que les effets négatifs d’apports, même limités, perdureront. De plus, la quantité de matière organique et de nutriments accumulés, et en particulier dans ses sédiments, induiraient pour de nombreuses années, un niveau de production primaire élevé même en l’absence d’apports extérieurs.
Une eutrophisation extrême
La station d’épuration de Vitrolles est responsable de l’essentiel de la dégradation du système Cadière-Bolmon. D’une capacité de 80 000 EH, sans traitement pour l’azote et le phosphore, cette station était saturée et fonctionnait de manière irrégulière. Ses effluents étaient déversés dans la Cadière et se retrouvaient dans l’étang de Bolmon. La Cadière est dans un état très dégradé au regard des concentrations en matières organiques, azotées et phosphorées. Ainsi, en raison de ces apports et du confinement de l’étang, les teneurs en nutriments des ses eaux sont logiquement très élevées et maintiennent un niveau de chlorophylle-a considérable.
Des biocénoses très dégradées
Ce haut niveau d’eutrophisation a un impact majeur sur les espèces animales et végétales présentes dans l’étang. L’échelon primaire est pour l’essentiel composé d’une seule espèce, la cyanobactérie Planktothrix aghardhii, dont le développement peut être favorisé par des teneurs élevées en ammonium et un faible rapport N/P (défavorable au développement des autres algues).
La présence de cette cyanobactérie ne permet pas l’installation d’espèces phytoplanctoniques et zooplanctoniques assurant la mise en place de chaînes alimentaires caractéristiques d’un fonctionnement équilibré de l’écosystème. En l’absence de prédateurs, cette cyanobactérie prolifère de façon excessive ce qui a des conséquences notables sur les biocénoses animales et végétales :
La forte densité de cyanobactéries induit une turbidité extrême de l’eau, ce qui ne permet pas une pénétration suffisante de la lumière. C’est la principale cause de la disparition totale des herbiers survenue ces dernières années.
L’accumulation de matière organique dégrade la qualité des sédiments et limite le développement de la macrofaune benthique.
De plus, cette situation n’est pas sans poser un problème de santé publique puisque certaines souches de cette espèce peuvent s’avérer toxiques.