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Lu dans la presse

Vis ma vie de pompier sauveteur à la plage du Jai

Rencontre avec ceux qui surveillent avec bienveillance les nageurs de l'étang

 

L'une est une jeune maman de 25 ans, l'autre est un bel homme de 48 ans. Jessica Plard et Bernard Llovet ont un point commun : ils sont tous deux passionnés par le milieu marin. Mais s'ils sont sur la plage du Jai ce n'est pas pour nager ou lézarder au soleil. Non, s'ils sont ici c'est pour surveiller la baignade. Jessica et Bernard sont tous deux chefs de poste de surveillance de la plage de l'étang
Jessica est sapeur-pompier volontaire saisonnière depuis six ans. Bernard, nettement plus aguerri, est sapeur-pompier professionnel à la caserne de Marignane depuis 26 ans. "Ici, il faut être pompier pour surveiller la baignade en mer. A Marseille,
ce sont des CRS qui s'en chargent", précise Bernard. Un métier ou la prevention prend le pas sur la répression... sauf quand c'est
nécessaire. "Par exemple, la semaine derniere un homme conduisait un quad sur la plage ! J'ai dû appeler la police face à son refus de partir. II roulait à deux centimètres des pieds des vacanciers !", explique Jessica. Des prises de risques qui rappellent le décès tragique du kite-surfer lors du week-end du 14 juillet : "Ce terrible accident montre bien qu'il faut rester extrêmement prudent sur les plages. En une seconde tout peut basculer", ajoute le pompier professionnel. Pour lui, "la plage est le reflet de la societé. On y fait donc beaucoup de prévention, d'autant plus avec les enfants en bas âge".

"Retournes dans ta cabane !"

Fort de leurs expériences professionnelles, un sentiment d'incompréhension se heurte à l'inconscience et le mépris de certains baigneurs. "Ça nous arrive de se faire insulter '", explique Jessica "Un enfant de deux ans pataugeait tout seul, loin du regard de ses parents, je me suis donc permis de les interpeller et ils rn 'ont gentiment repondu "retournes dans ta cabane '", se désole Bernard.
Pour Jessica, une autre anecdote la conforte dans son idée que les gens ne mesurent pas le danger qu'ils encourent. "J'ai eu un
problème avec une maman qui ne surveillait pas son enfant. Ce qu'il y avait de rageant c'est que son garçon avait failli se noyer
l'année derniere. Heureusement qu'un autre sauveteur était venu lui porter secours ! " Les parents sont, en effet, les premiers concernés par un manque de vigilance évident.

Cependant, tous deux reconnaissent que ces différends arrivent assez rarement et que la plage du Jai n'est pas une plage a risques : "Ça fait 26 ans que je surveille cet endroit et je peux affirmer que c'est une plage tranquille, comparée à celles de Carry et de la Couronne. Ces plages connaissent une fréquentation beaucoup plus importante et donc le risque d'accident est plus grand", annonce Bernard. Même discours pour Jessica : " C'est une plage familiale. Ce sont les mêmes personnes qui reviennent ici chaque fois. On répète moins les choses"

Vigilance, anticipation et disponibilité

Pour ces volontaires, la journée commence à 10 h 30 et se termine à 18 h 30. Même si le maillot rouge est de rigueur, ce n'est pas Alerte à Malibu. "On ouvre le poste de surveillance et on met la flamme qui indique aux baigneurs s'ils peuvent se baigner. C'est le centre de secours qui nous donne les resultats des prélèvements de l'eau effectués par le Gipreb. Ensuite, on fait des rondes maritimes et pédestres pour repérer les nageurs en difficulté". Les pauses-déjeuner ? Ils ne connaissent pas. "On mange tout en gardant un oeil sur la plage. On ne peut pas s'octroyer cinq secondes où la plage ne sera pas notre problème", expliquent-ils. Des conditions de travail difficiles, mais qui suscitent une véritable passion du métier. "J'ai 9 ans de natation synchronisée derrière moi. La passion de l'eau se révèle forcément, s'enthousiasme Jessica. J'ai toujours baigné dans ce milieu, plaisante la jeune femme, avant de rajouter que le métier de sauveteur c'est allier ma passion de l'eau et celle d'aider les gens". Pour Bernard, trois conditions sont nécessaires pour être un bon sauveteur. "Être vigilant, anticiper, et être disponible. De plus, le contact avec les gens est capital" Attention, qu'on ne s'y trompe pas. Ce n'est pas parce qu'on aime nager que l'on peut être sauveteur même volontaire ! "Il faut obtenir le brevet national de sécurité et de sauvegarde aquatique", répondent-ils. Après, il suffit de choisir les plages sur lesquelles on souhaite être affecté. "Moi j 'ai choisi les plages de l'étang car ma fille est scolarisée en crèche à Marignane " En tout cas une chose est sûre, les anges gardiens ne chômeront pas cet été car "il y a beaucoup plus de monde que les années précédentes".
Caroline SCHELOUCH

La Provence