Yves Pennico, surfeur façonné par la vague

Il commence par la planche, s'essaie au paddle, rivalise avec le kite ! Après Marseille. La Réunion, le surfeur trégorrois assouvit sa soif de la glisse sur les spots de la région.
 Quand la majorité des gens met capuche et écharpe en ronchonnant contre le vent qui souffle, Yves Pennico, 40 ans,affiche un large sourire car il va pouvoir jouer sur les flots. Rien ne l'arrête. Pas même le temps tourmenté de ce dimanche matin sur la grande plage de Primel. Sur le sable, il déplie méthodiquement ses ailes de traction et déroule ses lignes « Les conditions sont là. Chez les surfeurs, c'est le mot qui résonne, on est toujours à mater la météo.» Yves a gardé une pointe d'accent qui ne s'est pas effacée dans le Tregor, où il réside avec sa petite famille depuis six ans. Facile à deviner, c'est un gars du sud, de Marseille, « Du côté de l'étang de Berre. C'est là-bas que j'ai appris au contact d'Angelo, l'un de mes frères. J'avais 14 ans, lorsque je me suis jeté à l'eau. J'ai ensuite fait de la compétition en planche à voile, avant de passer au bateau quillard. J'avais de la chance : des mécènes me prêtaient du matériel. »
« La mer est rassurante »
Tour à tour éducateur sportif, moniteur de voile, il écume les clubs de la région phocéenne, part à La Reunion, rêve de prendre la mer pour de bon. « Mais là tu rencontres une fille et tu restes au port. Comme beaucoup de marins, je suis un peu frustré, il me restait le surf. » C'est désormais en Bretagne qu'il exerce sa passion. « Je m'y sens bien avec les gens. Et surtout, il y a des spots de surf intéressants. » Une activité dévorante ? Yves le reconnaît .« La mer est rassurante, à cause du bruit de la vague. Et puis il y a toute cette énergie qui te porte. » Le paddle une grande planche, une pagaie, et de l'équilibre, et le kite, planche de surf tractée par un cerfvolant ont sa faveur. Son travail à mi-temps chez un grossiste en planches à Henvic, lui permet d'assouvir ses besoins en sensations fortes. Entre Trégor et Léon, il a le choix. «Il vaut mieux pratiquer avec le vent qui vient de la côte. Le kite ne possède pas de flottaison.» Le materiel a évolué. « On est loin du temps où les ailes n'avaient pas de dépôt. Aujourd'hui, on peut lâcher la barre et choquer les ailes grâce aux deux systèmes de largage. » Yves place un suri au plus près des racines, un échange homme nature où il faut donner de sa personne.
Ouest-France